Deuxième version
¤L’ATTENTE.
1.
29
'' :; T. i
'' 56 : jr L’ATTENTE.
meu
m’aima. C’est alors que sa voix adorée,
M’éveilla tout entière, et
m’annonça l’amour:
Comme
la vigne aimante en secret attirée
Par l’ormeau caressant, qu’elle embrasse à son tour,
Je l’aimai ! D’un sourire il obtenait
mon ame.
Que ses yeux étaient doux ! que j’y lisais d’aveux !
Quand il brûlait
mon coeur d’une si tendre flamme,
Comment, sans me
parler, medisait-il : « Je veux ! »
Oh ! toi qui m’enchantais, savais-
tu ton empire ?
34
0 ÉLÉGIES.
L’éprouvais-tu ce mal, ce bien dont je soupire ?
Je le crois
: tu parlais comme on parle en aimant,
Quand ta bouche
m’apprit je ne sais quel serment :
Q
’importe les sermens ? Je n’étais plusmoi-même,
J’étais toi. J’écoutais, j’imitais ce que j’aime
;
Mes lèvres, loin de toi, retenaient tes accens,
Et ta voix dans
mavoix troublait encor mes sens.
Je ne l’imite plus
; je me tais, et les larmes
De tous mes biens perdus ont expié les charmes.
Attends-moi, m’as-tu dit. J’attends,
j’attends toujours!
L’été, j’attends de toi la grâce des beaux jours
;
L’hiver aussi, j’attends
! Fixée à mafenêtre,
Sur le chemin désert je crois te reconnaître ;
Mais les sentiers rompus ont effrayé tes pas :
Quand ton c
œurme cherchait, tu ne les voyais pas !
Ainsi le temps prolonge et nourrit ma souffrance
:
Hier, c’est le regret
; demain, c’est l’espérance ;
ÉLÉGIES.

ÉLÉGIES.
341
Chaque désir trahi
me rend à la douleur,
Et jamais, jamais au bonheur !

Le soir, à l’horizon, où s’égare ma vue,
Tu m’apparais encore, et j’attends malgré
moi.
La nuit tombe... ce n’est plus toi ;
Non !
c’est le songe qui metue.
Il me
tue, et je l’aime! et je veux en gémir !
Mais sur ton c
oeur jamais ne pourrai-je dormir
De ce sommeil profond qui rafraîchit la vie ?
Le repos sur ton c
æur! c’est le ciel que j’envie,
Et le ciel irrité
met l’absence entre nous.
Ceux qui
le font parler mel’ontdit à moi-même:
Il ne veut pas qu’on aime
!
Mon Dieu, je n’ose plus aimer qu’à vos genoux
!
Qu’ai-je dit ? Notre amour, c’est le ciel sur la terre.
Il fut, j’en crois
mon cæur effrayé d’un remord,
Comme la vie, involontaire,
29.
34
2 ÉLÉGIES
.

Inévitable
, hélas! commela mort.
J’ai goûté cet amour; j’en pleure les délices.
Cher amant
! quand mon sein palpita sous ton sein,
Nos deux
ames étaient complices,
Et tu gardas la mienne, heureuse du larcin :
Oh !
neme la reuds plus ! Que cette ameenchaînée,
Triste et passionnée,
Heureuse de se perdre et d’errer après
loi,
Te cherche, te rappelle et
l’entraîne vers moi !
  Première version
¤L’ATTENTE.
Il m’aima. C’est alors que sa voix adorée,
M’éveilla tout entière, et
m’annonça l’amour :
Comme
la vigne aimante en secret attirée
Par l’ormeau caressant, qu’elle embrasse à son tour,
Je l’aimai ! D’un sourire il obtenait
mon âme.
Que ses yeux étaient doux ! que j’y lisais d’aveux !
Quand il brûlait
mon cour d’une si tendre flamme,
Comment, sans me
parler, me disait-il : « Je veux ! »
Oh ! toi qui m’enchantais, savais-
tu ton empire ?
L’éprouvais-tu ce mal, ce bien dont je soupire ?
Je le crois
: tu parlais comme on parle en aimant,
Quand ta bouche
m’apprit, je ne sais quel serment :
ÉLÉGIES.
9
Qu
’importe les sermens! Je n’étais plus moi-même,
J’étais toi. J’écoutais, j’imitais ce que j’aime
:
Mes lèvres, loin de toi, retenaient tes accens,
Et ta voix dans
ma voix troublait encor mes sens.
Je ne l’imite plus
; je me tais, et les larmes,
De tous mes biens perdus ont expié les charmes.
Attends-moi, m’as-tu dit. J’attends,
j’attends toujours!
L’été, j’attends de toi la grâce des beaux jours
;
L’hiver aussi, j’attends
! Fixée à ma fenêtre,
Sur le chemin désert je crois te reconnaître ;
Mais les sentiers rompus ont effrayé tes pas :
Quand ton c
our me cherchait, tu ne les voyais pas !
Ainsi le temps prolonge et nourrit ma souffrance
.
Hier, c’est le regret
, demain, c’est l’espérance ;
Chaque désir trahi
me rend à la douleur,
Et jamais, jamais au bonheur !

1
0 ÉLÉGIES.
Le soir, à l’horizon, où s’égare ma vue,
Tu m’apparais encore, et j’attends malgré
moi :
La nuit tombe... ce n’est plus toi ;
Non !
C’est le songe qui me tue.
Il me
tue, et je l’aime! et je veux en gémir.
Mais sur ton c
aur jamais ne pourrai-je dormir,
De ce sommeil profond qui rafraîchit la vie ?
Le repos sur ton c
oeur ! c’est le ciel que j’envie,
Et le ciel irrité
met l’absence entre nous.
Ceux qui
le font parler me l’ont dit à moi-même,
Il ne veut pas qu’on aime
:
Mon Dieu, je n’ose plus aimer qu’à vos genoux
?
Qu’ai-je dit ? Notre amour, c’est le ciel sur la terre.
Il fut, j’en crois
mon coeur effrayé d’un remord,
Il fut comme la vie, hélas ! involontaire,
Inévitable
aussi comme la mort.
ÉLÉGIES.
IL
J’ai goûté cet amour; j’en pleure les délices.
Cher amant
! quand mon sein palpita sous ton sein,
Nos deux
âmes étaient complices,
Et tu gardas la mienne, heureuse du larcin :
Oh !
ne me la rends plus ! Que cette âme enchaînée,
Triste et passionnée,
Heureuse de se perdre et d’errer après
toi,
Te cherche, te rappelle et
t’entraîne vers moi !
beee
1
2 ÉLÉGIES.
Il semble que votre navigateur par défaut ne supporte pas ce logiciel.


Pour remédier à cela procédez comme suit :

1. Téléchargez une copie de Mozilla Firefox ou de Google Chrome.

2. Ouvrez une fenêtre du navigateur que vous venez de télécharger.

3. Ouvrez le disque et glissez-déposez le fichier index.html sur la fenêtre du navigateur.
 
   
 
 

Insertions [15]

Suppressions [30]

Déplacements [5] Blocs communs [62]