Deuxième version
¤LE PRINTEMPS.
1.
28.

LE PRINTEMPS.
Cand. lui siir !... S l ipid ! !
E
printemps est si beau !Sa chaleur embaumée
Descend au fond des cours réveillés et surpris :
Une voix qui dormait, une ombre accoutumée,
Redemande l’amour à nos sens attendris.
La raison vainement à ce danger s’oppose,
L’image inattendue enivre la raison :
Tel un insecte ailé s’élance sur la rose,
Et la brûle d’un doux poison.
Des jeunes souvenirs la foule caressante,

332 ÉLÉGIES.

Accourt, brave la crainte, et l’espace et le temps
:
Qui n’a cru respirer
, dans la fleur renaissante,
Les parfums regrettés de ses premiers printemps
?
Et
moi, dans un accent qui trouble et qui captive,
Naguère un charme triste est venu m’attendrir
:
L’écouterai-je encor, curieuse et craintive,
Ce
doux accent qui fait mourir ?
Ce
nom... j’allais le dire ; il m’est donc cher encore ?
Ma frayeur
n’a donc plusde force contre lui ?
Toi, quine m’entends pas, d’où vien
s que je t’implore?
N
es-tu pas loin ? N’ai-je pas fui?
Reverrai-je tes yeux, dont l’ardente prière

Obtiendrait tout des cieux ?
Oui, pour ne les plus voir j’abaisse ma
paupière,
Je m’enfuis dans
mon ame, et j’ai revu tes yeux !
L’oiseau né sous nos toits, dans la saison brûlante
;
Tourne autour des maisons qu’il reconnaît toujours,
ÉLÉGIES
333
Effleure d
ans son vol l’ardoise étincelante,
S’y pose, chante, fuit
, et revienttous les jours:
Ton chant avec le sien se fond dans
mapensée ;
Trop de
bonheur remplit ma poitrine oppressée ;
Je p�
lis de plaisir à ces cris du retour ;
J’ai ressenti ta
’voix ; j’ai reconnu l’amour !
Dans le demi-sommeil où je tombe rêveuse,
Je te crains, je t’espère et je te sens venir ;
Tu parles, mais si bas !
une oreille amoureuse
Peut seule entendre et retenir :
« Veux-tu, mais ne dis pas que l’heure est trop rapide,
« Veux-tu voir la montagne et le courant limpide ?
«
Veux - tu venir au pied du grand chêne abattu ? »
Moi, je ne réponds pas pour écouter : « Veux-tu. »
« Veux-tu,mais ne dis pas que la lune est cachée,
«
Veux-tu voirnotre image au bord des flots penchée?
« Ne
tremble pas, tout dort; l’écho mêmes’est tu. »
334 ÉLÉGIES
Et
mon refus semeurt en écoutant : « Veux -tu. »
D’un bouquet
ma tristesse hier s’était parée ;
Dans l’ombre, tout-à
-coup, qui l’ôta demon sein ?
Ai-je senti le feu de ta main adorée ?
.
Est-ce toi, mon amour, qui cueillis ce larcin ?
Pourquoi
troubler mon sort qui devenait paisible ?
Dans tout ce qui
meplaît viens-tu tenter ma foi?
Dis, pourquoi ta main invisible
Se pose-t-elle encor sur moi ?
Pourquoi ton haleine enflammée

Soulève-t-elle mes cheveux ?
cib 30 billi-L
Pourquoi ce faible écho, craintif comme
nos voeux,
Dit-
il contremon coeur : « Bonsoir, ma bien -aimée ? »
Ah ! je t’en prie, il
ne faut plus venir
Redemander mon
ame presqueheureusem
Je crains de toi jusqu’à ton souvenir ;
tog niov rait in.
Loin du danger je suis encor peureuse..
.
.
ÉLÉGIES.
335
Je ne t’accuse pas ! Qui sait si le tombeau
Sera froid sur
mon corps, si ton souffle l’effleure ?
Je
net’accuse pas ! je pleure,
Et
j’aimele printemps ; le printemps est si beau !

  Première version
¤LE PRINTEMPS.
Le printemps est si beau ! Sa chaleur embaumée,
Descend au fond des cours réveillés et surpris :
Une voix qui dormait, une ombre accoutumée,
Redemande l’amour à nos sens attendris.
La raison vainement à ce danger s’oppose,
L’image inattendue enivre la raison :
Tel un insecte ailé s’élance sur la rose,
Et la brûle d’un doux poison.
Des jeunes souvenirs la foule caressante,

Accourt, brave la crainte, et l’espace et le temps
:
4 ÉLÉGIES

Qui n’a cru respirer
dans la fleur renaissante,
Les parfums regrettés de ses premiers printemps
?
Et
moi, dans un accent qui trouble et qui captive,
Naguère un charme triste est venu m’attendrir
:
L’écouterai-je encor, curieuse et craintive,
Ce
doux accent qui fait mourir ?
Ce
nom... j’allais le dire ; il m’est donc cher encore ?
Ma frayeur
n’a donc plus de force contre lui ?
Toi, quine m’entends pas, d’où vien
t que je t’implore?
N
es-tu pas loin ? N’ai-je pas fui ?
Reverrai-je tes yeux, dont l’ardente prière
,
Obtiendrait tout des cieux ?
Oui, pour ne les plus voir j’abaisse ma
paupière,
Je m’enfuis dans
mon âme, et j’ai revu tes yeux !
L’oiseau né sous nos toits, dans la saison brûlante
,
Tourne autour des maisons qu’il reconnaît toujours,
ÉLÉGIES
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Effleure d
e son vol l’ardoise étincelante,
S’y pose, chante, fuit
et revient tous les jours :
Ton chant avec le sien se fond dans
ma pensée,
Trop de
bonheur remplit ma poitrine oppressée;
Je p�
lis de plaisir à ces cris du retour ;
J’ai ressenti ta
voix, j’ai reconnu l’amour !
Dans le demi-sommeil où je tombe rêveuse,
Je te crains, je t’espère et je te sens venir ;
Tu parles, mais si bas !
une oreille amoureuse
Peut seule entendre et retenir :
Veux-tu, mais ne dis pas que l’heure est trop rapide,
« Veux-tu voir la montagne et le courant limpide ?
«
Veux-tu venir au pied du grand chêne abattu ? »
Moi, je ne réponds pas pour écouter : « Veux-tu. »
Veux-tu, mais dis pas que la lune est cachée ;
«
Veux-tu voir notre image au borddes flots penchée ?
« Ne
tremble pas, tout dort ; l’écho même s’est tu. »
( C ne
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ÉLÉGIES.
Et
mon refus se meurt en écoutant : « Veux-tu. »
D’un bouquet
ma tristesse hier s’était parée :
Dans l’ombre, tout-à
-coup, qui l’ôta de mon sein ?
Ai-je senti le feu de ta main adorée ?

Est-ce toi, mon amour, qui cueillis ce larcin ?
Pourquoi
troubler mon sort qui devenait paisible ?
Dans tout ce qui
me plaît viens-tu tenter ma foi ?
Dis, pourquoi ta main invisible
Se pose-t-elle encor sur moi ?
Pourquoi ton haleine enflammée
,
Soulève-t-elle mes cheveux ?

Pourquoi ce faible écho, craintif comme
nos vœux,
Dit-
il contre mon cour : « Bonsoir, ma bien-aimée ? »
Ah ! je t’en prie, il
ne faut plus venir
Redemander mon
âme presque heureuse :
Je crains de toi jusqu’à ton souvenir ;

Loin du danger je suis encor peureuse..
.
ÉLÉGIES.
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Je ne t’accuse pas ! Qui sait si le tombeau
Sera froid sur
mon corps, si ton souffle l’effleure ?
Je
ne t’accuse pas; je pleure,
Et
j’aime le printemps; le printemps est si beau !
8 ÉLÉGIES.
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