Deuxième version
¤CONTE D’ENFANT.
25.

.S
CONTE D’ENFANT.
l ne faut plus courir à travers les bruyères,
Enfant, ni sans congé vous hasarder au loin.

Vous êtes très-petit, et vous avez besoin

Que l’on vous aide encore à d
he vos prières.
Que feriez-
vous aux champs, si vous étiez perdu?
Si vous ne trouviez plus le sentier du village
?
On dirait:
«Quoi, si jeune, il est mort? c’est dommage ! »
Vous cr
ieriez.... De si loin seriez-vous entendu?
Vos petits compagnons, à l’heure accoutumée,

a<)6 POESIES

Danseraient à la porte
et chanteraient tout bas ;
Tl faudrait leur répondre, en la tenant fermée :
« Une mère est
tmalade, enfans, ne chantez pas
Et vos cris rediraient : « O ma
mère ! ô ma mère ! »
L’écho vous répondrait, l’écho vous ferait peur.
L’herbe humide et la nuit vous transiraient le c
œur.
Vous n’auriez à manger que quelque plante amère
;
Point de lait, point
delit!... Il faudrait donc mourir?
J’en fris
sonne ! et vraiment ce tableau fait frémir.
Embrassons-nous,
je vais vous conter une histoire;
Ma tendresse pour vous éveille ma mémoire.

« Il était un berger, veillant avec amour
Sur des agneaux chéris, qui l’aimaient à leur tour.
Il les désaltérait dans une eau claire et saine
,
Les baignait à la source, et blanchissait leur laine
;
De serpolet, de thym, parfumait leurs repas
;
Des plus faibles encor guidait les premiers pas
;
DIVERSES. a97

D’un ruisseau quelquefois permettait l’escalade
.
Si l’un d’eux, au retour, traînait un pied malade,
Il était dans ses bras tout doucement porté
j
Et, la nuit, sur son lit, dormait à son côt
e;
Réveillés le matin par l’aurore vermeille,
Il leur jouait des airs à captiver l’oreille
;
Plus tard, quand ils broutaient leur souper sous ses yeux,
Aux sons de sa musette
il les rendait joyeux.
Enfin il renfermait sa famille chérie

Dedans la bergerie.
Quand l’ombre sur les champs jetait son manteau noir,
11 leur disait : « Bonsoir,
Chers agneaux ! sans danger reposez tous ensemble ;
L’un par l’autre pressés, demeurez chaudement;
Jusqu’à ce qu’un beau jour se lève et nous rassemble,
Sous la garde des chiens dormez tranquillement. »
Les chiens rôdaient alors, et le pasteur sensible

ag8 POÉSIES

Les revoyait heureux
dans un rêve paisible.
Eh
! ne l’étaient-ils pas ? Tous bénissaient leur sort,
Excepté le plus jeune ; hardi, malin, folâtre,
Des fleurs, du miel, des blés et des bois idolâtre,
Seul il jugeait tout bas que son maître avait tort.
Un jour, riant d’avan
ce, et roulant sa chimère,
Ce petit fou d’agneau s’en vint droit à sa mère,
Sage et vieille brebis, soumise au bon pasteur
.
« Mère
! écoutez, dit-il : d’où vient qu’on nous enferme?
Les chiens ne le sont pas, et j’en prends de l’humeur.
Cette loi m’est trop dure, et j’y veux mettre un terme.
«
Je vais courir partout, j’y suis très-résolu.
Le bois doit être beau pendant le clair de lune :
«
Oui,mère, dès ce soir je vçux tenter fortune :
Tant pis pour lé pasteur, c’est lui qui l’a voulu. �
— « Demeurez, mon agneau, dit la mère attendrie
;
DIVERSES. a99
«
Vous n’êtes qu’un enfant, bon pour la bergerie ;
Restez-y près de moi! Si vous voulez partir,
Hélas ! j’ose pour vous prévoir un repentir. »
« J’ose vous dire non ; cria le volontaire.... »
Un chien les obligea tous les deux à se taire
.
Quand le soleil couchant au parc les rappela,
Et que par flots joyeux le troupeau s’écoula,
L’agneau sous une haie établit sa cachette ;
Il avait finement détaché sa clochette
.
Dès que le parc fut clos, il courut à l’entour,
Il jouait, gambadait, sautait à perdre haleine.

« Je voyage, dit-il, je suis libre à mon tour !
Je ris, je n’ai pas peur; la lune est claire et pleine :
Allons au bois, dansons, broutons !» Mais, par malheur,
Des loups pour leurs enfans cherchaient alors cur
ee :
Un peu de laine, hélas
! sanglante et déchirée,
3oo PO KSI ES

Fut tout ce que le vent daigna rendre au pasteur.
Jugez comme il fut triste, à l’aube renaissante !
J
ugez comme on plaignit la mère gémissante !
« Quoi
! ce soir, cria-t-elle, on nous appellera,
Et ce soir... et jamais l’agneau ne répondra ! »
En l’appelant en vain elle affligea l’Aurore
;
Le soir elle mourut en l’appelant encore.

  Première version
¤CONTE D’ENFANT.
Il ne faut plus courir à travers les bruyères,
Enfant, ni sans congé vous hasarder au loin.
:
Vous êtes très-petit, et vous avez besoin

Que l’on vous aide encore à d
ire vos prières..
Que feriez-
vous aux champs, si vous étiez perdu ?
Si vous ne trouviez plus le sentier du village
?
On dirait:
Quoi, si jeune, il est mort ? c’est dommage.
Vous cr
îriez.... De si loin, seriez-vous entendu ?
Vos petits compagnons, à l’heure accoutumée,

Danseraient à la porte
, et chanteraient tout bas ;
Il faudrait leur répondre, en la tenant fermée :
« Une mère est
malade, enfans, ne chantez pas !
Et vos cris rediraient : « O ma
mère ! ô mamère ! »
L’écho vous répondrait, l’écho vous ferait peur.
L’herbe humide et la nuit vous transiraient le c
our.
Vous n’auriez à manger que quelque plante amère
;
Point de lait, point
de lit !... Il faudrait doncmourir ?
J’en fris
onne! venez ! ce tableau fait frémir.
Embrassons-nous,
et moi je vais dire une histoire ;
Ma tendresse pour vous éveille ma mémoire.

DIVERSES. 231

« Il était un berger, veillant avec amour
Sur des agneaux chéris, qui l’aimaient à leur tour.
Il les désaltérait dans une eau claire et saine
;
Les baignait à la source, et blanchissait leur laine
;,
De serpolet, de thym, parfumait leurs repas
;
Des plus faibles encor guidait les premiers pas
;
D’un ruisseau quelquefois permettait l’escalade
;
Si l’un d’eux, au retour, traînait un pied malade,
Il était dans ses bras tout doucement porté
;
Et, la nuit, sur son lit, dormait à son côt
é ;
Réveillés le matin par l’aurore vermeille,
Il leur jouait des airs à captiver l’oreille
;.
Plus tard, quand ils broutaient leur souper sous ses yeux,
Aux sons de sa musette
, il les rendait joyeux.
Enfin il renfermait sa famille chérie

Dedans la bergerie.
Quand l’ombre sur les champs jetait son manteau noir,
Il leur disait : « Bonsoir,
Chers agneaux! sans danger reposez tous ensemble ;
L’un par l’autre pressés,demeurez chaudement;
Jusqu’à ce qu’un beau jour se lève et nous rassemble,
Sous la garde des chiens dormez tranquillement. »
Les chiens rôdaient alors, et le pasteur sensible

Les revoyait heureux
, dans un rêve paisible.
Eh
! ne l’étaient-ils pas? Tous bénissaient leur sort,
Excepté le plus jeune ; hardi, malin, folâtre,
Des fleurs, du miel, des blés et des bois idolâtre,
Seul il jugeait tout bas que son maître avait tort.
Un jour, riant d’avan
ee, et roulant sa chimère,
Ce petit fou d’agneau s’en vint droit à sa mère,
Sage et vieille brebis, soumise au bon pasteur
,
« Mère
! écoutez, dit-il : d’où vientqu’on nous enferme?
Les chiensne le sontpas, et j’en prends de l’humeur.
Cette loi m’est trop dure, et j’y veux mettre un terme,
»
Je vais courir partout, j’y suis très-résolu.
Le bois doit être beau pendant le clair de lune !
»
Oui, mère, dès ce soir je veux tenter fortune :
Tant pis pour le pasteur, c’est lui qui l’a voulu. �
— « Demeurez, mon agneau, dit la mère attendrie
;
»
Vous n’êtes qu’un enfant, bon pour la bergerie ;
Restez-y près de moi! Si vous voulez partir,
Hélas, j’ose pour vous prévoir un repentir. »
- « J’ose vous dire non ! cria le volontaire..... »
Un chien les obligea tous les deux à se taire
;
Quand le soleil couchant au parc les rappela,
Et que par flots joyeux le troupeau s’écoula,
L’agneau sous une haie établit sa cachette ;
Il avait finement détaché sa clochette
;
Dès que le parc fut clos, il courut à l’entour,
Il jouait, gambadait, sautait à perdre haleine.

DIVERSES. 2 33

« Je voyage, dit-il, je suis libre à mon tour !
Je ris, je n’ai pas peur ; la lune est claire et pleine :
Allonsau bois,dansons,broutons!» Mais, parmalheur,
Des loups pour leurs enfans cherchaient alors cur
ée :
Un peu de laine, hélas
! sanglante et déchirée,
Fut tout ce que le vent daigna rendre au pasteur.
Jugez comme il fut triste, à l’aube renaissante !
J
ugez comme on plaignit la mère gémissante !
« Quoi
! ce soir, cria-t-elle, on nous appellera,
Et ce soir.... et jamais l’agneau ne répondra ! »
En l’appelant en vain elle affligea l’Aurore
;
Le soir elle mourut en l’appelant encore.
»
FIN.
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