Deuxième version
¤LA MOUCHE BLEUE.

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e de l’air, mouche bleue et gentille,
Qui rafraîchis ton vol sur
d’humides roseaux,
N’es-tu pas
le nain des oiseaux?
Non ! tu ne chantes pas, légère volati
le :
Tu n’as point de plumage, et ton rapide essor

M’en fait mieux admirer l’invisible ressort.
Tu ris de l’oiseleur, tu fais sauver sa joie ;
Ton piquant aiguillon le distrait de sa pr
ûie ;
Et ton bourdonnement moqueur

24.
38a POESIES

Lui nomme impunément son agile vainqueur.
Tu montes jusqu’aux cieux les ailes étendues
;
Un rayon de soleil te guide et te soutient
;
Ta famille dansante et s’y joue et s’y tient,
Comme un essaim de fleurs dans les airs r
épandues.
Qu’il est gai de
le voir t’y balancer long-temps,
Descendre vers la terre, et remonter encore,
Y chercher, renaissante au souffle du printemps,
Sur ta robe de gaze un reflet de l’aurore
!
Violette vivante ! à ce peu qu’il t’a fait,
Le
Ciel donna le monde, imprima la pensée,
Le sentiment, l’amour
! et, sans remords blessée,
Pour toi,
du moins, l’amour n’est qu’un bienfait !
Je m’amuse à rêver sur ton fr�
le édifice >
Soutenu de fr�
les piliers,.;’’’’
Si polis et si réguliers,
Qu’on les croirait mouvans par artifice.

DIVERSES.
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Hélas ! dans l’âge le plus fort,
Comme toi l’homme tombe ; et ce maître du monde
N’a plus d’ami qui le seconde
Dans son duel avec la
Mort.
0 mouche ! que ton être occupa mon enfance !
Combien, lorsqu’attristant mon paisible loisir

Quelqu’enfa
ut sous mes yeux accourait te saisir,
Mes larmes prenaient ta défense !
Petite philosophe, on a médit de toi :
J’en veux à la fourmi qui t’a cherché querelle.

Un printemps fait ta vie, en jouir est ta loi ;
Es-tu moins prévoyante, es-tu moins riche qu’elle ?
Esclave de la terre, elle y rampe toujours
;
Ses trésors souterrains sont clos à l’indigence ;
Et, quand il a rempli son avare exigence,
Du ciron malheureux elle abr�
ge les jours.
a84 POESIES

Pour toi, souvent rêveuse et souvent endormie,
Je t’observe partout avec des yeux d’amie
:
Quand la nature est triste, il ne te faut plus rien,
Et tu romps avec elle un fragile lien.
Oh
î puisse l’âpre hiver épargner ta faiblesse !
Que l’aquilon jamais ne te soit rigoureux !
Que ton corps délicat
, qu’un rien détruit ou blesse,
Trouve contre la brume un foyer généreux
!
Atome
voyageur ! en passant les montagnes,
Les ruisseaux, les chemins, les cités, les campagnes,
Que Dieu te sauve, hélas ! et du bec d’un oiseau,
Et de l’insecte au
(in réseau !
  Première version
¤LA MOUCHE.
Voyageus
e de l’air, mouche bleue et gentille,
Qui rafraîchis ton vol sur
l’humide roseau,
N’es-tu pas
un petit oiseau ?
Non ! tu ne chantes pas, légère volati
lle :
Tu n’as point de plumage, et ton rapide essor

M’en fait mieux admirer l’invisible ressort.
Tu ris de l’oiseleur, tu fais sauver sa joie ;
Ton piquant aiguillon le distrait de sa pr
oie,
Et ton bourdonnement moqueur

Lui nomme impunément son agile vainqueur.
Tu montes jusqu’aux cieux les ailes étendues
;
Un rayon de soleil te guide et te soutient
:
Ta famille dansante et s’y joue et s’y tient,
Comme un essaim de fleurs dans les airs r
epandues.
Qu’il est gai de
te voir t’y balancer long-temps !.
Descendre vers la terre, et remonter encore,
Y chercher, renaissante au souffle du printemps,
Sur ta robe de gaze un reflet de l’aurore
.
Violette vivante ! à ce peu qu’il t’a fait,
Le
ciel donna le monde, imprima la pensée,
224 POÉSIES

Le sentiment, l’amour
! et sans remords blessée,
Pour toi,
dumoinspour toi,l’amour n’est qu’un bienfait.
Tu le bois en volant dans la pure lumière,
Qui de ta rapide carrière,
Comme un prisme éclairé des feux du diamant,
Forme un riant
voyage, un vif enchantement.
Pourquoi te reprocher ton abject
e naissance ?
Tu t’élèves au moins par la seule puissance
Du Dieu qui nous créa pour le mêmeséjour.
Mortels, en le quittant, que serons-nous un jour ?

Je m’amuse à rêver sur ton fr�
le édifice,
Soutenu de fr�
les piliers,
Si polis et si réguliers,
Qu’on les croirait mouvans par artifice.

Hélas ! dans l’âge le plus fort,
Comme toi l’homme tombe ; et ce maître du monde
N’a plus d’ami qui le seconde
Dans son duel avec la
mort.
O mouche! que ton être occupa mon enfance !
Combien, lorsqu’attristant mon paisible loisir
,
Quelqu’enfa
nt sous mes yeux accourait te saisir,
Mes larmes prenaient ta défense !
Petite philosophe, on a médit de toi :
J’en veux à la fourmi qui t’a cherché querelle.

DIVERSES.
225
Un printemps fait ta vie, en jouir est ta loi ;
Es-tu moins prévoyante, es-tu moins riche qu’elle ?
Esclave de la terre, elle y rampe toujours
.
Ses trésors souterrains sont clos à l’indigence ;
Et, quand il a rempli son avare exigence,
Du ciron malheureux elle abr�
ge les jours.
Pour toi, souvent rêveuse et souvent endormie,
Je t’observe partout avec des yeux d’amie
.
Quand la nature est triste, il ne te faut plus rien,
Et tu romps avec elle un fragile lien.
Oh
! puisse l’âpre hiver épargner ta faiblesse !
Que l’aquilon jamais ne te soit rigoureux !
Que ton corps délicat
qu’un rien détruit ou blesse,
Trouve contre la brume un foyer généreux
.
Pauvre petite chose
! en passant les montagnes,
Les ruisseaux, les chemins, les cités, les campagnes,
Que Dieu te sauve, hélas ! et du bec d’un oiseau,
Et de l’insecte au
fin réseau.
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