Deuxième version
¤LA NYMPHE TOULOUSAINE
25

LA NYMPHE TOULOUSAINE
I
MITATION DE GOUDELIN.
ous les arbres touffus, naïves pastourelles,
Cherchez de frais abris contre l’ardeur du jour
;
Et vous, petits oiseaux, sous leurs voûtes nouvelles
,
Enflez votre gosier pour saluer l’Amour.
Toi dont les flots d’argent, dont l’eau vive et brillante

Offre un miroir mobile à la beauté riante
,
Cristal limpide et pur, qui rafraîchis les fleurs,
Tu ne rafraîchis pas mes yeux brûlés de pleurs.

a68 POESIES

Vallons où le plaisir vient former des guirlandes

Quand la jeune saison vous charge de rameaux
.
Où l’abeille bourdonne à l’entour des offrandes
Que le Printemps attache aux branches des ormeaux,
Ecoutez ! écoutez la Nymphe Toulousaine ;
Elle pleure, elle fuit des cieux la pourpre et l’or
:
Ne l’entendez-vous pas gémir, gémir encor,
Appelant un écho triste comme sa peine
?
E
coutez ! écoutez ! Le voile du malheur
Intercepte l’éclat de l’astre de la France
;
Et la douce Espérance,
En retournant aux cieux, jette un cri de terreur.
De ronces, de cyprès
à jamais couronnée,
Aux regrets condamnée,
Ma lyre en sons confus révèle mes douleurs ;
Et le Temps me promet des pleurs, toujours des pleur
».
Henri, le grand Henri...
Quel douloureux murmure
DIVERSES. a69

S’élève autour de moi?
Henri, ton nom m’échappe, et toute la nature
A tressailli d’effroi.
Orgueil du sol français, la noble fleur tombée

N’y renaîtra jamais !
Sous la faux de la
mort sa tête s’est courbée;
Le
monde pleuro ; il pleure... Henri seul est eu paix.
Aux régions du ciel sa grande
ame envolée
De son dernier soupir a rempli l’univers
;
Et l’univers n’est plus qu’une triste vallée

Que le ciel abandonne au souffle des pervers.
Henri ! toi qui régnas pour la gloire du
inonde,
Le trône, en te portant, s’ennoblissait encor
:
Telle est du diamant la richesse féconde,
En lui prêtant ses feux il enorgueillit l’or.
La terre
, en frémissant au bruit de tes années,
Te reconnut pour maître, et nomma son vainqueur.
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27
0 POÉSIES
Les vertus
t’attendaient ; elles étaient formées
Pour habiter
ton cœur. i’i i : i
Soutiens ma lyre, ô
érité charmante !
Henri, le grand Henri
ne craint pas ton miroir;
De ce roi, tout amour, tu fus la noble amante
;
Oh ! dans le c
œur des rois qu’il est beau de te voir !
Tu ne le suivras plus au milieu des batailles
;
Mais, viens, comme
une veuve au tombeau de son roi;
Suspends par tes récits l’horreur des funérailles,
Je ne veux chanter qu’après toi.
Quand le ciel
, irrité de leur plainte importune,
De la guerre aux humains imposa le fardeau,
Henri, que fatiguaient les jeux de la Fortune,
En poursuivant l’ingrate
arracha son bandeau.
Ses ennemis tombaient comme attei
uts de la foudre :
Ainsi le verre éclate et se réduit en poudre.

DIVERSES. a7i

Il désarma le
Ciel, il étonna le Sort,
Il enchaîna la Mort.
L’implacable arbalétrière,
....,.. /
Assise et menaçante au milieu des débris,
Agitait dans ses mains s
a flèche meurtrière,
Et la
Peur en porta la nouvelle à Paris.
Elle dit : « Je l’ai vu ! Tel un lion s’élance,
Epouvante les loups, les soumet, les retient.
De mille bras ligués il fait tomber la lance ;
C’est l’Hercule qui brise, et l’Atlas qui soutient ;
C’est Henri, fuyez tous ! » On vole à son passage,
On l’implore
; il sourit, et le ciel se dégage,
Et la France respire, et le roi troubadour

Chante
, sous des lauriers, Gabrielleet l’Amour.
Mais quel monstre se glisse et s’avance dans l’ombre
?
E
chappé de l’enfer, il brûle d’un feu sombre;
Il siffle, il roule, il
rampe aux pieds de la vertu.
i72 POESIES.
Henri se penche, et meurt sans avoir com
battu !
Vérité, pour accens tu n’as plus que des larmes
;
L’avenir te répond par un long cri
d’alarmes.
D’un roi clément, d’un père, on prépare le deuil,
Et ma lyre se brise au pied de son cercueil.
(s^-
  Première version
¤LA NYMPHE TOULOUSAINE.
I
MITATION DE GOUDELIN.
Sous les arbres touffus, naïves pastourelles,
Cherchez de frais abris contre l’ardeur du jour
;
Et vous, petits oiseaux, sous leurs voûtes nouvelles

Enflez votre gosier pour saluer l’Amour.
Toi dont les flots d’argent, dont l’eau vive et brillante

Offre un miroir mobile à la beauté riante
;
Cristal limpide et pur, qui rafraîchis les fleurs,
Tu ne rafraîchis pas mes yeux brûlés de pleurs.

Vallons où le plaisir vient former des guirlandes

Quand la jeune saison vous charge de rameaux
,
Où l’abeille bourdonne à l’entour des offrandes
Que le Printemps attache aux branches des ormeaux,
Écoutez ! écoutez la Nymphe Toulousaine;
Elle pleure, elle fuit des cieux la pourpre et l’or
.
Ne l’entendez-vous pas gémir, gémir encor,
Appelant un écho triste comme sa peine
?
É
coutez ! écoutez ! Le voile du Malheur
Intercepte l’éclat de l’astre de la France
;
Et la douce Espérance,
En retournant aux cieux, jette un cri de terreur.
De ronces, de cyprès
, à jamais couronnée,
Aux regrets condamnée,
Ma lyre en sons confus révèle mes douleurs ;
Et le Temps me promet des pleurs, toujours des pleur
s.
Henri, le grand Henri...
Quel douloureux murmure
S’élève autour de moi?
Henri, ton nom m’échappe, et toute la nature
A tressailli d’effroi.
Orgueil du sol français, la noble fleur tombée

N’y renaîtra jamais !
Sous la faux de la
Mort sa tête s’est courbée ;
Le
monde pleure, il pleure! Henri seul est en paix.
Aux régions du ciel sa grande
âme élevée
De son dernier soupir a rempli l’univers
;
Et l’univers n’est plus qu’une triste vallée

Que le ciel abandonne au souffle des pervers.
Henri ! toi qui régnas pour la gloire du
monde,
Le trône, en te portant, s’ennoblissait encor
.
Telle est du diamant la richesse féconde,
En lui prêtant ses feux il enorgueillit l’or.
La terre
en frémissant au bruit de ses armées,
DIVERSES. 219
L
e reconnut pour maître, et nomma son vainqueur.
Les vertus
l’attendaient ; elles étaient formées :
Pour habiter
son cæur,
Soutiens ma lyre, ô
Vérité charmante !
Henri, le grand Henri
, ne craint pas ton miroir ;
De ce roi, tout amour, tu fus la noble amante
;
Oh ! dans le c
our des rois qu’il est beau de te voir !
Tu ne le suivras plus au milieu des batailles
; -
Mais, viens, comme
une veuve, au tombeau de son roi.
Suspends par tes récits l’horreur des funérailles,
Je ne veux chanter qu’après toi.
Quand le ciel
irrité de leur plainte importune,
De la guerre aux humains imposa le fardeau,
Henri, que fatiguaient les jeux de la Fortune,
En poursuivant l’ingrate
, arrach. son bandeau.
Ses ennemis tombaient comme attei
nts de la foudre.
Ainsi le verre éclate et se réduit en poudre.

Il désarma le
ciel, il étonna le Sort,
Il enchaîna la Mort.
L’implacable arbalétrière,

Assise et menaçante au milieu des débris,
Agitait dans ses mains s
on arme meurtrière,
Et la
peur en porta la nouvelle à Paris.
Elle dit : « Je l’ai vu ! Tel un lion s’élance,
Épouvante les loups, les chasse, les retient ;
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0 POÉSIES
De mille bras ligués il fait tomber la lance ;
C’est l’Hercule qui brise, et l’Atlas qui soutient ;
C’est Henri, fuyez tous ! » On vole à son passage,
On l’implore
, il sourit, et le ciel se dégage ;
Et la France respire, et le roi troubadour

Chante
sous des lauriers Gabrielle et l’Amour,
Mais quel monstre se glisse et s’avance dans l’ombre
?
É
chappé de l’enfer, il brûle d’un feu sombre ;
Il
rampe, il va souiller l’autel de la vertu,
Il l’atteint. C’en est fait, l’autel est a
battu :
Vérité, pour accens tu n’as plus que des larmes
.
L’avenir te répond par un long cri
s d’alarmes ;
D’un roi clément, d’un père, on prépare le deuil,
Et ma lyre se brise au pied de son cercueil.
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