Deuxième version
¤LE PETIT ARTHUR DE BRETAGNE.
VI.
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i.E
PETIT ARTHUR DE BRETAGNE.

A LA TOUR DE ROUEN.
i ar mon baptême, ô ma mère,
Je voudrais être l’enfant

Qui bondit sur la bruyère

Avec l’agneau qu’il défend.
J’ai soif de l’eau qui murmure
Et fuit là-bas dans les fleurs :

a6o
POÉSIES
L’eau de la tour est moins pure,
Je la trouble avec mes pleurs.
Si le rayon d’une étoile

Glisse au fond de ma prison,
Les barreaux forment un voil

Qui tourmente ma
raison.
Quand le fer qui
se colore
M’annonce que le jour luit,
Le petit Arthur encore

Est triste comme la nuit.
Pour bercer ma jeune enfance

Vous saviez des airs touchans ;
Et j’ai reçu la défense

De me
rappeler vos chants !
Mais que la flûte lointain

M’apporte un réveil plus doux,

DIVERSES. ath

Je tressaille dans ma chaîne
;
Ma
mère, je pense à vous.
Ce vieux gardien dont l’œil sombre

Un soir me remplit d’effroi,
Qui
, sur mes pas, comme une ombre,
Fit peur au pauvre enfant-roi,
J’ai vu son front, moins austère,
Vers ses enfans se baisser :
Hélas ! que n’est-il mon père !
Il daignerait m’embrasser.
Lorsque la fièvre brûlante
Sur lui fit planer la mort,
Sa bouche, pâle et tremblante,
Dit qu’il avait un remord.
De cette affreuse démence

Cherchant à le secourir,

a6a POESIES

J’ai chanté votre romance
Pour l’empêcher de souffrir.
Aux sons de la vieille harpe

Il s’endormit sur mon sein,
Enveloppé de l’écharpe
Dont me para votre main.
Une reine l’a brodée :
Mon geôlier la garde encor....

Je ne l’ai plus demandée ;
Et c’était mon seul trésor
.
Peut-être ce sacrifice
En secret l’attendrira,
Et qu’à vos larmes, propice,
Un moment il me rendra.
Mes biens, mes jours, ma couronne,
Tout ce qu’ils brûlent d’avoir,
DIVERSES. uG3
Oh !
ma mère, je le donne ;
Mais avant je veux vous voir.
Malgré leur veille farouche
,
J’appris seul
ifretracer
Le premier nom que
ma bouche
Essaya de prononcer.
Ne pouvant briser la pierre

j’ai nommé leur vainqueur,
Us ont brûlé ma paupière ;
Mais la mémoire est au c
œur.
En vain leurs bandeaux funèbres

Ont puni mes faibles yeux
;
A genoux
, dans les ténèbres,
Ma prière monte aux cieux
;
L’épée y dort suspendue ;

»64 POESIES.

Comme vous en ce séjour,
Mon père, on la croit perdue :
Mais si je l’atteins un jour!...
  Première version
¤LE PETIT ARTHUR DE BRETAGNE
A LA TOUR DE ROUEN.
Par mon baptême, ô ma mère,
Je voudrais être l’enfant

Qui bondit sur la bruyère

Avec l’agneau qu’il défend.
J’ai soif de l’eau qui murmure
Et fuit là-bas dans les fleurs :

L’eau de la tour est moins pure,
Je la trouble avec mes pleurs.
Si le rayon d’une étoile

Glisse au fond de ma prison,
Les barreaux forment un voil
e
Qui tourmente ma
raison.
Quand le fer qui
le colore i
M’annonce que le jour luit,
Le petit Arthur encore

Est triste comme la nuit.
Pour bercer ma jeune enfance
,
Vous saviez des airs touchans ;
Et j’ai reçu la défense

De me
rappeler vos chants !
Mais que la flûte lointain
e
M’apporte un réveil plus doux,

Je tressaille dans ma chaîne
:
Ma
mère! je pense à vous.
Ce vieux gardien dont l’œil sombre

Un soir me remplit d’effroi,
Qui
sur mes pas, comme une ombre,
Fit peur au pauvre enfant-roi,
J’ai vu son front, moins austère,
Vers ses enfans se baisser :
Hélas ! que n’est-il mon père !
Il daignerait m’embrasser.
Lorsque la fièvre brûlante
Sur lui fit planer la mort,
Sa bouche, pâle et tremblante,
Dit qu’il avait un remord.
De cette affreuse démence

Cherchant à le secourir,

J’ai chanté votre romance
Pour l’empêcher de souffrir.
Aux sons de la vieille harpe

Il s’endormit sur mon sein,
Enveloppé de l’écharpe
Dont me para votre main.
Une reine l’a brodée :
Mon geôlier la garde encor....
.
Je ne l’ai plus demandée ;
Et c’était mon seul trésor
!
Peut-être ce sacrifice
En secret l’attendrira,
Et qu’à vos larmes, propice,
Un moment il me rendra.
Mes biens, mes jours, ma couronne,
Tout ce qu’ils brûlent d’avoir,
Oui, ma mère, je le donne ;
Mais avant je veux vous voir.
Malgré leur veille farouche

J’appris seul
à retracer
Le premier nom que
ma bouche
Essaya de prononcer.
Ne pouvant briser la pierre

j’ai nommé leur vainqueur,
Ils ont voilé ma paupière ;
Mais la mémoire est au c
our.
216
POÉSIES
En vain leurs bandeaux funèbres

Ont puni mes faibles yeux
;
A genoux
dans les ténèbres,
Ma prière monte aux cieux
.
L’épée y dort suspendue ;

Comme vous en ce séjour,
Mon père, on la croit perdue :
. Mais si je l’atteins un jour!.....
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