Deuxième version
¤LA MONTRE.

LA
MONTRE.
IMITATION LIBRE DE GOUDELIN.
oi qui reçus par artifice
Et le mouvement et la voix
;
Quand l’
Heure vient frapper sur ton fr�le édifice
Les momens qu’elle accorde et reprend à la fois
;
Confidente du
Temps, ô toi qui toujours veilles,
Défends à Lyris de dormir !
Frappe de sons si doux ses mignonnes oreilles,
Que de son c
œur distrait il s’échappe un soupir !
it. 21
a4* POÉSIES

Si son œil languissant au hasard te regarde,
Apprends-lui qu’elle touche à la saison d’aimer.
Si, pour tromper l’Amour, sa raison te retarde,
Dis-lui que le temps vole, et qu’elle sait charmer.
Dis-lui que son nom seul,
ce doux nom que j’adore,
Fait battre je ne sais quel ressort dans mon sein,
Qui tombe sur mon c
œur bien plus souvent encore
Que ton léger marteau sur le fragile airain.
Dis-lui que de ses yeux les vives étincelles

M’apprennent des secrets mille fois plus nombreux
Que toi-même tu n’en recèles ;
Mais que j’ignore encor celui qui rend heureux
.
Si jamais à l’Amour elle enlève une plume,
Pour m’annoncer, tremblante, un premier rendez-vous
.
Romps alors ta lente coutume,

DIVERSES. 43

Avance ! avance ! et reste à ce moment si doux.
Mais, pour me consoler, cette belle inhumaine

N’a jamais de loisir.
Tu marcheras toujours pour prolonger ma peine
;
Elle y prend du plaisir.
Ah ! pour toi, qu’elle admet jusque dans sa parure,
Avec froideur, loin de te repousser,
Si sa main te rencontre en nouant sa ceinture,
Sa main semble te caresser.
Près d’un sein palpitant
, où s’enferme une Grâce
Qui te balance, et te presse
et tembrasse,
Comment peux-tu demeurer, sans frémir,
Où l’Amour même aurait peur de mourir ?
Oui, caché par Lyris entre deux fleurs mi-closes,
L’Amour, ivre d’amour et du parfum des roses,

a44 POESIES

Aurait peine, accablé de sa félicité,
A retenir son immortalité.
Et quand son pied léger, que guide la cadence,
T’associe, en jouant, au plaisir de la danse,
Comment
ne sens-tu point, par de tendres efforts,
Se rompre tes ressorts ?
Insensible! Ah ! du moins apprends-moi, je te prie,
Quand l’heure d’Amour sonnera
j
Au doux bruit de ta sonnerie

Quand sa fierté s’endormira ;
Et quand viendra l’heure chérie,
A qui Lyris la donnera !
Le matin, dès qu’elle s’éveille,
Celle qui m’asservit se
gouverne par loi.
Est-il tard, dit Lyris
dontl’ame encor sommeille?
Et ta réponse est pour elle une loi.

DIVERSES. 3/f5

Ah ! loin de t’imiter, si j’étais auprès d’elle,
Pour étouffer ton timbre importun aux Amours,
A force de baisers j’étourdirais
ina belle ;
Et la nuit durerait toujours !
Je rêve. Oh
! quelle est ma faiblesse !
Mais vois, en comparant ton sort avec le mien,
Si l’enfant qui brûle et qui blesse

M’en fit un différent du tien !
Une heure pour toi n’est qu’une heure,
Un moment n’est rien qu’un moment
;
Mais une heure, un moment, dans sa triste demeure,
Est un siècle pour un amant.
Si Lyris était moins farouche,
Les ans ne
me seraient qu’un jour ;
Ils s’écouleraient sur sa bouche,
Et je rirais avec l’Amour.
Compagne de Lyris, toi que tout bas j’implore,

21.
j46 POESIES.

Si celle qui
me trouble et n’aime pas encore,
Pour l’un de
mes rivaux oubliait sa rigueur,
Dis-lui que sa mère l’appelle ;
Fais du bruit en tombant près d’elle,
Pour mieux effrayer sa pudeur.

  Première version
¤LA MONTRE.
IMITATION LIBRE DE GOUDELIN.
Toi qui reçus par artifice
Et le mouvement et la voix
,
Quand l’
heure vient tracer sur ton fr�le édifice
Les momens qu’elle accorde et reprend à la fois
,
Confidente du
temps, ô toi qui toujoursveilles,
Défends à Lyris de dormir !
Frappe de sons si doux ses mignonnes oreilles,
Que de son c
our distrait il s’échappe un soupir !
Si son œil languissant au hasard te regarde,
Apprends-lui qu’elle touche à la saison d’aimer.
Si, pour tromper l’Amour, sa raison te retarde,
Dis-lui que le temps vole, et qu’elle sait charmer.
Dis-lui que son nom seul,
oui, ce nom que j’adore,
Fait battre je ne sais quel ressort dans mon sein,
Qui tombe sur mon c
oeur bien plus souvent encore
Que ton léger marteau sur le fragile airain.
Dis-lui que de ses yeux les vives étincelles

M’apprennent des secrets mille fois plus nombreux
Que toi-même tu n’en recèles ;
Mais que j’ignore encor celui qui rend heureux
,
Si jamais à l’Amour elle enlève une plume,
Pour m’annoncer, tremblante, un premier rendez-vous
,
Romps alors ta lente coutume,

Avance ! avance ! et reste à ce moment si doux.
Mais, pour me consoler, cette belle inhumaine

N’a jamais de loisir.
Tu marcheras toujours pour prolonger ma peine
;
Elle y prend du plaisir.
Ah ! pour toi, qu’elle admet jusque dans sa parure,
Avec froideur, loin de te repousser,
Si sa main te rencontre en nouant sa ceinture,
Sa main semble te caresser.
Près d’un sein palpitant
où s’enfermeune Grace,
Qui te balance, et te presse
, et t embrasse,
Comment peux-tu demeurer, sans frémir,
Où l’Amour même aurait peur de mourir ?
Oui, caché par Lyris entre deux fleurs mi-closes,
L’Amour, ivre d’amour et du parfum des roses,

Aurait peine, accablé de sa félicité,
A retenir son immortalité.
Et quand son pied léger, que guide la cadence,
T’associe, en jouant, au plaisir de la danse,
Comment
ne sens-tu point, par de tendres efforts,
Se rompre tes ressorts ?
Insensible! Ah ! du moins apprends-moi, je te prie,
Quand l’heure d’Amour sonnera
;
Au doux bruit de ta sonnerie

Quand sa fierté s’endormira ;
Et quand viendra l’heure chérie,
A qui Lyris la donnera !
Le matin, dès qu’elle s’éveille,
Celle qui m’asservit se
gouverne par toi.
Est-il tard, dit Lyris
, dont l’âme encor sommeille ;
Et ta réponse est pour elle une loi.

Ah ! loin de t’imiter, si j’étais auprès d’elle,
Pour étouffer ton timbre importun aux Amours,
A force de baisers j’étourdirais
ma belle ;
Et la nuit durerait toujours !
Je rêve. Oh
! quelle est ma faiblesse !
Mais vois, en comparant ton sort avec le mien,
Si l’enfant qui brûle et qui blesse
,
M’en fit un différent du tien !
Une heure pour toi n’est qu’une heure,
Un moment n’est rien qu’un moment
;
Mais une heure, un moment, dans sa triste demeure,
Est un siècle pour un amant.
Si Lyris était moins farouche,
Les ans ne
me seraient qu’un jour ;
Ils s’écouleraient sur sa bouche,
Et je rirais avec l’Amour.
Compagne de Lyris, toi que tout bas j’implore,

Si celle qui
me trouble, et n’aime pas encore,
Pour l’un de
mes rivaux oubliait sa rigueur,
Dis-lui que sa mère l’appelle ;
Fais du bruit en tombant près d’elle,
Pour mieux effrayer sa pudeur.
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