Deuxième version
¤ÉLÉGIE.
Eur, toi, mon bien -aimé, t’attacher à non sort,
Te parer d’une fleur que la tombe
l’envie !
Lier tes jours de gloire à ma tremblante vie,
Et ton baiser d’amour au baiser de la mort!
Mesuivre
, toi si cher, aux rives enchantées
Que pour jamais bientôt mes pas auront quittées !
Mes pas que tu soutiens, qui te cherchaient
toujours,
Dont la trace légère effleura le rivage

Où tu m’avais montré des fleurs et des beaux jours,

322 ÉLÉGIES.

Où je vais devant toi passer comme
un nuage!
Oui, devant toi ma vie incline son flambeau,

De ses pâles rayons le dernier va s’éteindre.
Ces fleurs, ces belles fleurs
, que je ne puis atteindre,
Tu les effeuilleras un soir sur mon tombeau.
La
Mort m’a regardée, et ta plainte adorable,
Majeunesse, tes yeux, rien ne doit l’attendrir.
Elle m’a regardée, et cette inexorable,
Quand j’écoutais ton chant, m’a dit
: Tu vas mourir !
Oh ! non ; prodigue encor les hymnes, les offrandes ;
Jette-lui ta couronne et tes lauriers en fleurs;

Cache-moi dans ton sein, couvre
-moi de guirlandes,
Et
, long-temps immobile, elle craindra tes pleurs.
Conduis-moi près des flots. La nymphe qui
soupire
Y rafraîchit l’air de sa voix
:
Cet air doux et
mortel, quema bouche respire,
ÉLÉGIES. 323

Brûle moins à l’ombre des bois.
Vois dans l’eau, vois ce lis dont la tête abaissée
Semble se dérober au sourire des cieux ;
Telle, craignant l’Amour et le cherchant des yeux,
J’essayais de te fuir
, innocente et blessée.
Je demandais aux bois l’oubli de tes accens
:
Un v
ague, un triste écho m’en rappelait les charmes,
Et dans les rameaux frémissans
Ton image venait s’attendrir à mes larmes.
Un jour, ce fu
l toi-même, un jour, à mes genoux,
Je te vis sous le saule, ami demon jeune âge ::.
Je ne m’y trouvai plus seule avec ton image,
Il nous cachait ensemble, il se penchait sur nous.
Trop tard, hélas ! trop tard ; et ta flamme timide

Enhardit vainement
mes timides secrets.
Tu les connus trop tard ; et
ma fuite rapide
324 ÉLÉGIES.

T’abandonne à de longs regrets.
Oh ! que je crains pour toi l’aurore désolée

Qui ne pourra me
rendre à tes voeux superflus,
Quand sa douce lueur, pour moi seule voilée,
Ne m’éveillera plus !
Mais le ruisseau répond, par un faible murmure,
Au souffle expirant des z
éphyrs ;
La nymphe qui s’endort entraîne
mes soupirs
A la source déjà moins pure.
Demain..... L’écho plus triste a dit aussi : Demain.
Adieu, ma jeune vie ! adieu, toi que j’adore
!
Ne gémis pas. Ce soir
, je serre encor ta main :
Ce soir
, efforce-toi de me sourire encore.
Otros
  Première version
¤ÉLÉGIE.
Qui, toi, mon bien-aimé, t’attacher à mon sort,
Te parer d’une fleur que la tombe
t’envie !
Lier tes jours de gloire à ma tremblante vie,
Et ton baiser d’amour au baiser de la mort!
Mesuivre
! toi si cher aux rives enchantées,
Que pour jamais bientôt mes pas auront quittées !
Mes pas que tu soutiens, qui te cherchaient
toujours,
Dont la trace légère effleura le rivage
,
Où tu m’avais montré des fleurs et des beaux jours,

Où je vais devant toi passer comme
un nuage !
Oui, devant toi ma vie incline son flambeau,
,
De ses pâles rayons le dernier va s’éteindre.
Ces fleurs, ces belles fleurs
que je ne puis atteindre,
Tu les effeuilleras un soir sur mon tombeau.
La
Mort m’a regardée, et ta plainte adorable,
Majeunesse, tes yeux, rien ne doit l’attendrir.
Elle m’a regardée, et cette inexorable,
Quand j’écoutais ton chant, m’a dit
: Tu vas mourir.
Oh ! non ; prodigue encor les hymnes, les offrandes ;
Jette-lui ta couronne et tes lauriers en fleurs;


Cache-moi dans ton sein, couvre
-moi de guirlandes,
Et
long-temps immobile, elle craindra tes pleurs.
Conduis-moi près des flots. La nymphe qui
soupire
Y rafraîchit l’air de sa voix
.
Cet air doux et
mortel, que ma bouche respire,
Brûle moins à l’ombre des bois.
Vois dans l’eau, vois ce lis dont la tête abaissée
Semble se dérober au sourire des cieux ;
Telle, craignant l’Amour et le cherchant des yeux,
J’essayais de te fuir
innocente et blessée.
Je demandais aux bois l’oubli de tes accens
;
Un y
ague, un triste écho m’en rappelait les charmes,
Et dans les rameaux frémissans
Ton image venait s’attendrir à mes larmes.
Un jour, ce fu
t toi-même, un jour à mes genoux,
Le saule où je pleurais apporta ton hommage.
Je ne m’y trouvai plus seule avec ton image,
Il nous cachait ensemble, il se penchait sur nous.
Trop tard, hélas ! trop tard ; et ta flamme timide

Enhardit vainement
mes timides secrets :
Tu les connus trop tard ; et
ma fuite rapide
T’abandonne à de longs regrets.
Oh ! que je crains pour toi l’aurore désolée

Qui ne pourra me
rendre à tes veux superflus,
Quand sa douce lueur, pour moi seule voilée,
Ne m’éveillera plus !
Mais le ruisseau répond, par un faible murmure,
Au souffle expirant des z
ephyrs ;
La nymphe qui s’endort entraîne
mes soupirs
A la source déjà moins pure.
Demain..... L’écho plus triste a dit aussi : Demain.
Adieu, ma jeune vie ! adieu, toi que j’adore
!
Ne gémis pas. Ce soir
je serre encor ta main :
Ce soir
efforce-toi deme sourire encore.
Il semble que votre navigateur par défaut ne supporte pas ce logiciel.


Pour remédier à cela procédez comme suit :

1. Téléchargez une copie de Mozilla Firefox ou de Google Chrome.

2. Ouvrez une fenêtre du navigateur que vous venez de télécharger.

3. Ouvrez le disque et glissez-déposez le fichier index.html sur la fenêtre du navigateur.
 
   
 
 

Insertions [22]

Suppressions [17]

Déplacements [0] Blocs communs [48]