Deuxième version
¤ÉLÉGIE.

ÉLÉGIE.
vor
! les flots sontcalmés, etles vents sans colère
Aplanissent la route où je vais m’égarer !
J’ai vu briller le phare, et l’onde qui s’éclaire

Double l’affreux signal qui doit nous
séparer!
Que fait-il? Ah ! s’il dort, il rêve son amie
;
Bercé dans
mon image, il attend le réveil :
Comme l’onde paisible
, il mecroit endormie,
Et
son rêve abusé sourit à mon sommeil.
Emmenez-moi, ma
sœur. Dans votre sein cachée,
302 ÉLÉGIES.

Comme une pâle fleur de sa tige arrachée,
Sauvez-moi
de ces lieux. Dites : C’est sans retour !
Cet effort finira ma vie ou mon amour.
Emportez ma
douleur loin de lui, loin du monde;
Loin de
moi, s’il se peut, ma sæur, emportez-moi.
Mais la nuit qui
nous couvre est-elle assez profonde?
Oh ! non
; les flots, le ciel toutme remplit d’effroi.
Est-il temps de
mourir ? Etlui, lui quej’adore,
Ne

Ne
puis-je, en le fuyant, vous le nommer encore?
Ne
puis-je de sa voix appeler la douceur?
Ne puis-je le revoir ?...
Non, sauvez -moi, ma scur.
Mon mal est
dans sa vue; et lorsque j’y succombe,
Mon mal doit vous toucher, ce n’est pas le remord.
Cachez-moi dans vos bras,
dans la nuit, dans la tombe ;
Je demande à le fuir, je ne crains plus la mort.
Venez
! s’il descendait sur la plage déserte,
Un charme sur mes pas attirerait ses pas :

ÉLÉGIES. 303

Prête à me confier à la vague entr
ouverte,
Je lui dirais adieu..
. je ne partirais pas.
Il sait tout. O ma s
wur ! il demandait mon ame;
Nos regards se parlaient
malgré nous confondus.
To
ut baignés de tristesse, et de pleurs et de flamme,
Dans ses regards si doux les miens se sont perdus.
Et je fuis ! et des cieux la pitié m’abandonne !
Je ne les verrai
plus, ils étaient dans ses yeux.
Si tu voyais ses yeux
! Oh ! l’ange quipardonne
Doit regarder ainsi quand il ouvre les cieux !
J’étais seule avec lui, j’écoutais son silence ;

L’heure, une fois pour nous, perdit sa vigilance.
Contre un penchant si vrai, si long
-temps combattu,
Ma
sæur, je n’avais plus d’appui que sa vertu.
Pour arracher
mon coeur à sa peine chérie,
Et distraire du sien la sombre rêverie,

304 ÉLÉGIES
.

Je cherchais
le secours de cesaccords puissans,
Qui de plus d’un orage avaient calmé
ses sens.
J’essayais, d’une
main faible et malassurée,
Cet art consolateur d’une
amedéchirée ;
Je disputais son
ame à ses vagues désirs ;
Je ramenais le temps de nos plus
doux loisirs ;
Son sourire trompait
ma crédule espérance,
Et
j’unissais ainsi la ruse à l’innocence.
Dieu ! que je m’abusais à ce calme trompeur !
Pour la première fois son regard me
fit peur ;
De
ma gaîté timide il détruisit les charmes,
Et
ma voix s’éteignit dans un torrent de larmes.
« Non ! dit
-il, non, jamais tu n’as connu l’Amour! »
J’ai
voulu me sauver... il pleurait à son tour :
J’ai senti fuir mon
ame effrayée et tremblante ;
Ma s
eur, elle est encor sur sa bouchebrûlante.
Sauvez-moi
! sauvez-moi! De lointaines clameurs
ELÉGIES. 305
Appellentau rivage une barque tardive.
De l’écho du rocher que la voix est plaintive !
Répondez-lui pour
moi, je vous suivrai... je meurs.
mm
… “
  Première version
¤ÉLÉGIE.
Quoi ! les flots sont calmés, et les vents sans colère
Aplanissent la route où je vais m’égarer !
J’ai vu briller le phare, et l’onde qui s’éclaire

Double l’affreux signal qui doit nous
séparer !
Que fait-il? Ah ! s’il dort, il rêve son amie
.
Bercé dans
mon image, il attend le réveil :
Comme l’onde paisible
il me croit endormie,
Et
son rêve abusé sourit à mon sommeil.
Emmenez-moi, ma
sœur. Dans votre sein cachée,
Comme une pâle fleur de sa tige arrachée,
Sauvez-moi
de ces lieux. Dites : C’est sans retour !
Cet effort finira ma vie ou mon amour.
Emportez ma
douleur loin de lui, loin du monde;
Loin de
moi, s’il se peut, ma sœur, emportez-moi.
Mais la nuit qui
nous couvre est-elle assez profonde ?
Oh ! non
; les flots, le ciel, tout me remplit d’effroi.
Est-il temps de
mourir ? Et lui, lui que j’adore,
Ne
puis-je, en le fuyant, vous le nommer encore?
Ne
puis-je de sa voix appeler la douceur ?
Ne puis-je le revoir ?...
... Non, sauvez-moi, ma soeur.

Mon mal est
dans sa vue, et lorsque j’y succombe
Mon mal doit vous toucher, ce n’est pas le remord.
Cachez-moi dans vos bras,
dans la nuit, dans la tombe ;
Je demande à le fuir, je ne crains plus la mort.
Venez
! s’il descendait sur la plage déserte,
Un charme sur mes pas attirerait ses pas :

Prête à me confier à la vague entr
ouverte,
Je lui dirais adieu..
... je ne partirais pas.
Il sait tout. O ma s
œur ! il demandait mon âme.
Nos regards se parlaient
malgré nous confondus.
To
ưt baignés de tristesse, et de pleurs et de flamme,
Dans ses regards si doux les miens se sont perdus.
Et je fuis ! et des cieux la pitié m’abandonne !
Je ne les verrai
plus, ils étaient dans ses yeux.
Si tu voyais ses yeux
! Oh ! l’ange qui pardonne
Doit regarder ainsi quand il ouvre les cieux !
J’étais seule avec lui, j’écoutais son silence ;
.
L’heure, une fois pour nous, perdit sa vigilance.
Contre un penchant si vrai, si long
-temps combattu,
Ma
seur, je n’avais plus d’appui que sa vertu.
Pour arracher
mon cœur à sa peine chérie,
Et distraire du sien la sombre rêverie,

Je cherchais
le secours de ces accords puissans,
Qui de plus d’un orage avaient calmé
ses sens.
hos paverie

J’essayais, d’une
main faible et mal assurée,
Cet art consolateur d’une
âme déchirée.
Je disputais son
âme à ses vagues désirs,
Je ramenais le temps de nos plus
doux loisirs,
Son sourire trompait
ma crédule espérance,
Et
j’unissais ainsi la ruse à l’innocence.
Dieu ! que je m’abusais à ce calme trompeur !
Pour la première fois son regard me
fit peur;
De
ma gaîté timide il détruisit les charmes,
Et
ma voix s’éteignit dans un torrent de larmes.
« Non ! dit
-il, non, jamais tu n’as connu l’Amour ! »
J’ai
voulu me sauver..... il pleurait à son tour :
J’ai senti fuir mon
âme effrayée et tremblante ;
Ma s
œur, elle est encor sur sa bouche brûlante.
Sauvez-moi
! sauvez-moi ! De lointaines clameurs
Appellent au rivage une barque tardive.
De l’écho du rocher que la voix est plaintive !
Répondez-lui pour
moi, je vous suivrai.... je meurs.
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