Deuxième version
¤ÉLÉGIE.
I. 25

ÉLÉGIE.
Asceur A soe
ur, il est parti !ma soeur, il m’abandonne !
Je sais qu’il m’abandonne, et j’attends, et je
meurs,.
Jemeurs.
Embrasse-moi, pleure pour moi... pardonne...
Je n’ai pas une larme, et j’ai
besoin de pleurs. stili
Tu gé
inis ! Que je t’aime! Oh ! jamais le sourire,
Ne
te rendit plusbelle aux plus beaux de nos jours.
Tourne vers moi
les yeux, si tu plains mon délire ;.
Si tes yeux ont des pleurs, regarde-moi toujours.
iis,
Mais retiens tes sanglots ; il m’appelle, il me touche
;
296 ÉLÉGIES.

Son souffle en mecherchantvient
d’effleurer mabouche.
Laisse, tandis qu’il brûle et passe autour de
nous,
Laisse-moi
reposermon front sur tes genoux.
Écoute ! ici
, ce soir, à moi-même cachée,
Je ne sais quel
force attirait mon ennui :
Ce n’était plus son ombre à mes pas attachée,
Oh ! ma
sour, c’était lui !
C’était lui
,mais changé, mais triste. Sa voix tendre
Avait pris des accens inconnus aux mortels,
Plus ravissans, plus purs, comme on croit les entendre

Quand on rêve les cieux aux pieds des saints autels.
Il parlait, et ma vie était près de s’éteindre.
L’étonnement, l’effroi, ce doux effroi du c
our,
M’enchaînait devant lui. Je l’écoutais se plaindre,
Et,mourante pour lui, je plaignais
mon vainqueur.
Il parlait, il rendait la nature attentive
;
Tout se taisait. Des vents l’haleine était captive ;

ÉLÉGIES. 297

Du rossignol ému le chant sembl
oitmourir;
On eût dit que l’eau même
oubliait de courir.
Hélas
! qu’avait-il fait alors pour me déplaire?
Il gémissait,
me cherchait commetoi.
Non, je n’avais plus de colère,
Il n’était plus coupable, il était devantmoi.
Sais
-tu ce qu’il m’a dit ? des reproches... des larmes...
Il sait pleurer,
ma soeur !
O Dieu ! que sur son front la tristesse a de charmes !
Que j’aimais de ses yeux la brûlante douceur !
Sa plainte m’accusait ; le crime...
je l’ignore :
J’ai fait pour l’expliquer des efforts superflus.
Ces mots seuls m’ont frappée, il
’meles crie encore:
« Je ne te verrai plus ! »
Et je l’ai laissé fuir, et
ma langue glacée
298
ÉLÉGIES
.

A murmuré son nom qu’il n’a pas entendu
;
Et sans saisir sa main ma main s’est avancée,
Et
mon dernier adieu dans les airs s’est perdu.
  Première version
¤ÉLÉGIE.
Ma sœur, il est parti! ma sœur, il m’abandonne !
Je sais qu’il m’abandonne, et j’attends, et je
meurs,
Jemeurs.
Embrasse-moi, pleure pour moi.... pardonne,
Je n’ai pas une larme, et j’ai
besoin de pleurs.
Tu gé
mis ! Que je t’aime! Oh ! jamais le sourire
Ne
te rendit plus belle aux plus beaux de nos jours.
Tourne vers moi
les yeux, si tu plains mon délire ;
Si tes yeux ont des pleurs, regarde-moi toujours.

Mais retiens tes sanglots ; il m’appelle, il me touche
:
Son souffle en mecherchantvient
d’effleurermabouche.
Laisse, tandis qu’il brûle et passe autour de
nous,
Laisse-moi
reposer mon front sur tes genoux.
Écoute ! ici
ce soir, à moi-même cachée,
Je ne sais quel
le force attirait mon ennui:
Ce n’était plus son ombre à mes pas attachée,
Oh ! ma
ur, c’était lui.
C’était lui
! mais changé, mais triste. Sa voix tendre
Avait pris des accens inconnus aux mortels,
Plus ravissans, plus purs, comme on croit les entendre

Quand on rêve les cieux aux pieds des saints autels.
Il parlait, et ma vie était près de s’éteindre.
L’étonnement, l’effroi, ce doux effroi du c
œur,
M’enchaînait devant lui. Je l’écoutais se plaindre,
Et,mourante pour lui, je plaignais
mon vainqueur.
Il parlait, il rendait la nature attentive
,
Tout se taisait. Des vents l’haleine était captive ;

Du rossignol ému le chant sembl
ait mourir :
On eût dit que l’eau même
oubliait de courir.
Hélas
! qu’avait-il fait alors pour me déplaire ?
Il gémissait,
mecherchait comme toi.
Non, je n’avais plus de colère,
Il n’était plus coupable, il était devantmoi.
Sais
-tu ce qu’il m’a dit? des reproches.... des larmes....
Il sait pleurer,
ma seur !
O Dieu ! que sur son front la tristesse a de charmes !
Que j’aimais de ses yeux la brûlante douceur !
Sa plainte m’accusait ; le crime...
. je l’ignore :
J’ai fait pour l’expliquer des efforts superflus.
Ces mots seuls m’ont frappée, il
me les crie encore :
« Je ne te verrai plus ! »
Et je l’ai laissé fuir, et
ma langue glacée
A murmuré son nom qu’il n’a pas entendu
;
Et sans saisir sa main ma main s’est avancée,
Et
mon dernier adieu dans les airs s’est perdu.
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