Deuxième version
¤LES DEUX MÈRES.
PAPPROCHEZ pas d’une mère affligée, i
E
nfant, je ne sourirai plus.
Vos jeux naïfs, vos soins
sont superflus,
Et
ma douleur n’en sera pas changée.
Laissez
-moi seule à l’ennuide mon sort ;
Quand la vie à vos
yeux s’ouvre avec tous ses charmes,
Enfant, plaindriez
-vousmes larmes ?
Vous
ne comprenez pas la mort.
La
mort ! ce mot, qui glace l’espérance,
272 · ÉLÉGIES.
Ne
touche pas votre heureuse ignorance.
Ici le malheureux cherche un autre avenir :
Hélas
! ne chantez pas lorsque j’y viens mourir.
De ces noirs arbrisseaux l’immobile feuillage,
Des pieuses douleurs les simples
monumens,
D’un champ vaste,
morne et sauvage
Sont les seuls ornemens.
L’écho de cette enceinte est une plainte amère
:
Qu’y venez-vous chercher
? Courez vers votre mère ;
Portez-lui votre amour, vos baisers et vos fleurs
:
Ces trésors sont
pour elle, et pourmoi sont les pleurs.
Allez ! sur l’autre rive elle s’est arrêtée ;
Abandonnez vos fleurs au courant du ruisseau ;
Doucement entraîné par l’eau,
Qu’un bouquet vous annonce à son
ameenchantée.
Vous la verrez sourire, en attirant des yeux

Ce don simple apporté par le flot du rivage ;

ÉLÉGIES. 273
Et,
cherchant à fixer votre mobile image,
Tressaillir à vos cris joyeux.

Je l’aurais vue, au temps où j’excitais l’envie,
Même
en vous caressant, rêver ��mon bonheur.
Cette suave joie, où se
baignaitmon cour,
N’est plus qu’un poison lent distillé sur
ma vie.
Mon triomphe est passé, le sien croît avec vous
:
C’est à moi de rêver à son bonheur suprême;
Elle est
mère, et je pleure. O sentiment jaloux !
On peut donc vous connaître au sein de la mort
même?
Mais pour un c
œur flétri les pleurs sont un bienfait :
Le
mien a respiré du poids qui l’étouffait ;
Celui
de votremère en tremblant vous appelle,
Courez
vous jeter dans son sein.
Ce jour est sans nuage
, oh ! passez -le près d’elle !
Un beau jour a souvent un affreux lendemain.
274 ÉLÉGIES.
Ne
foulez plus cette herbe où se cache une tombe;
D’un
ange vous troublez le tranquille sommeit.
Dieu ne m’a promis son réveil

Qu’en arrachant
mon ameà mon corps quisuccombe.
Dans cet enclos désert, dans ce triste jardin,
’’
Tout semble m’annoncer ce repos que j’implore
;
Et,
sous un froid cyprès,mon sang, qui brûle encore,
Sera calme
demain.
O douce plante ensevelie !
, in
Sur un sol immortel
, tes rameaux gracieux
Couvriront ma
inélancolie.
D’un ombrage délicieux.
Ta tige élevée et superbe

Ne
craindra plus le ver rongeur,..
Qui veut la dévorer sous l’herbe,
Comme il a dévoré ta fleur
:
Cette fleur, au temps échappée,

ÉLÉGIES. 275

D’un rayon pur enveloppée,
Reprendra toute sa beauté
;
Son doux éclat fera ma
gloire,
Et
le tourment de mamémoire
En sera la félicité.
Mais
une jeune voix trouble encor maprière
Et m’arrache au bonheur que je viens d’entrevoir :
Tout
-à -coup ramenée aux songesde la terre,
J’ai tressailli, j’ai cru le voir !
Oui, j’ai cru te revoir, idole de
mon ame,
Lorsqu’avec tant d’amour tu t’élançais vers moi
.
D’un flambeau consumé
rallume-t- on la flamme?
Non, sa clarté trop vive est éteinte avec toi.
Et
vous qui m’attristez, vous n’avez en partage
Sa beauté, ni la grâce où brillait sa candeur
,
E
nfant; mais vous avez son âge :
C’en est assez pour
déchirermon caur!
ہے
  Première version
¤LES DEUX MÈRES.
N’APPROCHEZ pas d’une mère affligée,
Petit e
nfant, je ne sourirai plus.
Vos jeux naïfs, vos soins
, sont superflus,
Et
ma douleur n’en sera pas changée.
Laissez
-moi seule à l’ennui de mon sort ;
Quand la vie à vos
yeux s’ouvre avec tous ses charmes,
Enfant, plaindriez
-vous mes larmes ?
Vous
ne comprenez pas la mort.
La
mort ! ce mot, qui glace l’espérance,
Ne touche pas votre heureuse ignorance.
Ici le malheureux cherche un autre avenir :
Hélas
! ne chantez pas lorsque j’y viens mourir..
De ces noirs arbrisseaux l’immobile feuillage,
Des pieuses douleurs les simples
monumens,
D’un champ vaste,
morne et sauvage,
Sont les seuls ornemens.
L’écho de cette enceinte est une plainte amère
.
Qu’y venez-vous chercher
? Courez vers votre mère ;
Portez-lui votre amour, vos baisers et vos fleurs
;
Ces trésors sont
pour elle, et pour moi sont les pleurs.
Sur l’autre rive elle s’est arrêtée.

Abandonnez vos fleurs au courant du ruisseau ;
Doucement entraîné par l’eau,
Qu’un bouquet vous annonce à son
âme enchantée.
Vous la verrez sourire, en attirant des yeux

Ce don simple apporté par le flot du rivage ;
.
Et
cherchant à fixer votre mobile image,
Tressaillir à vos cris joyeux.
.
Je l’aurais vue, au temps où j’excitais l’envie,
Même
en vous caressant, rêver � mon bonheur.
Cette suave joie, où se
plongeait mon cœur,
N’est plus qu’un poison lent distillé sur
ma vie.
Mon triomphe est passé, le sien croît avec vous
;
C’est à moi de rêver à son bonheur suprême;
Elle est
mère, et je pleure. O sentiment jaloux !
On peut donc vous connaître au sein de la mort
même?
Mais pour un c
our flétri les pleurs sont un bienfait ;
Le
mien a respiré du poids qui l’étouffait.
Celui
de votre mère en tremblant vous appelle ;
Courez
, enfant, vous jeter dans son sein.
Ce jour est sans nuage
; oh ! passez-le près d’elle :
Un beau jour a souvent un affreux lendemain.
Ne foulez plus cette herbe où se cache une tombe ;
D’un
ange vous troublez le tranquille sommeil.
Dieu ne m’a promis son réveil
,
Qu’en arrachant
mon âmeà mon corps qui succombe.
Dans cet enclos désert, dans ce triste jardin,

Tout semble m’annoncer ce repos que j’implore
;
Et
sous un froid cyprès, mon sang, qui brûle encore,
Sera calme
demain.
O douce plante ensevelie !

Sur un sol immortel
tes rameaux gracieux
Couvriront ma
mélancolie
D’un ombrage délicieux.
Ta tige élevée et superbe

Ne
craindra plus le ver rongeur
Qui veut la dévorer sous l’herbe,
Comme il a dévoré ta fleur
.
Cette fleur, au temps échappée,

D’un rayon pur enveloppée,
Reprendra toute sa beauté
;
Son doux éclat fera ma
gloire,
Et
le tourment de mamémoire
En sera la félicité.
Mais
la voix d’un enfant trouble encor ma prière,
Et m’arrache au bonheur que je viens d’entrevoir :
Tout
à coup ramenée aux songes de la terre,
J’ai tressailli, j’ai cru le voir !
Oui, j’ai cru te revoir, idole de
mon âme,
Lorsqu’avec tant d’amour tu t’élançais vers moi
:
D’un flambeau consumé
rallume-t-on la flamme?
Non, sa clarté trop vive est éteinte avec toi.
Et
vous qui m’attristez, vous n’avez en partage
Sa beauté, ni la grâce où brillait sa candeur
;.
Oh ! non, petit e
nfant,mais vous avez son âge :
C’en est assez pour
déchirer mon cæur !
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