Deuxième version
¤LA PROMENADE D’AUTOMNE.
21

LA PROMENADE
D’AUTOMNE.
E
souvient-il, ô mon ame, ô ma vie,
D’un jour d’automne et pâle et languissant?
Il semblait dire un adieu gémissant

Aux bois qu’il attristait de sa
mélancolie.
Les oiseaux dans
les airs ne chantaientplus l’espoir ;
Une froide rosée enveloppait leurs ailes,
Et
, rappelantau nid leurs compagnes fidèles,
244 ÉLÉGIES.

Sur des rameaux sans fleurs ils
áttendaient le soir.
Les troupeaux, à regret
menés aux pâturages,
N’y trouvaient plus que des herbes sauvages ;
Et
le pâtre, oubliantsa rustique chanson,
Partageait le silence et le deuil du vallon
:
Rien ne charmait l’ennui de la nature
;
La feuille qui perdait sa riante couleur,
Les coteaux dépouillés de
leur verte parure,
Tout demandait au ciel un rayon de chaleur.
Seule, je m’éloignais d’une fête bruyante
;
Je fuyais tes regards, je cherchais ma raison.
Mais la langueur des champs, leur tristesse attrayante,
A ma
langueur secrète ajoutaient leur poison..
Sans
but et sans espoir suivantma rêverie,
Je portais au hasard un pas timide et lent
.
L’Amour m’enveloppa de ton ombre chérie,
Et, malgré
la saison, l’air meparutbrûlant.
ÉLÉGIES. 245

Je voulais, mais en vain, par un effort suprême,
En me sauvant
de toi,me sauver demoi-même;
Mon
wil, voilé depleurs, à la terre attaché,
Par un charme
invincible en fut commearraché.
A travers les brouillards
, une image légère
Fit palpiter mon sein de tendresse et d’effroi
;
Le soleil reparaît, l’environne, l’éclaire,
Il entr’ouvre les cieux...
Tu parus devantmoi.
Je n’osai te parler ; interdite, rêveuse,
Enchaînée et soumise à ce trouble enchanteur,
Je n’osai te parler : pourtant j’étais heureuse
;
Je devinai
s ton ame, et j’entendis mon cour,
Mais quand ta main pressa ma main tremblante,
Quand un frisson léger fit tressaillir
mon corps,
Quand
mon front se couvrit d’une rougeur brûlante,
Dieu ! qu’est-ce donc que je sentis alors?
J’oubliai de te fuir, j’oubliai de te craindre
;
21.
246 ÉLÉGIES.

Pour
la première fois ta bouche osa se plaindre ;
Ma
douleur à la tienne osa se révéler,
Et
mon ame vers toi fut prête à s’exhaler !
Il m’en souvient!
T’en souvient-il, ma vie,
De ce tourment
délicieux,
De ces mots arrachés à ta mélancolie :
« Ah !
sije souffre, on souffre aux cieux ! »
Des bois nul autre aveu ne troubla le silence.
Ce jour fut de
nos jours le plus beau, le plus doux ;
Prêt à s’éteindre, enfin il s’arrêta sur nous,
Et sa fuite à mon cour présagea ton absence
.
L’
amedu monde éclaira notre amour;
Je vis ses derniers feux mourir sous un nuage
;
Et
dans nos cours brisés, désunis sans retour,
Il n’en reste plus que l’image.
ÉLÉGIE.

  Première version
¤LA PROMENADE D’AUTOMNE.
Te souvient-il, ô mon âme, ô ma vie,
D’un jour d’automne et pâle et languissant?
Il semblait dire un adieu gémissant

Aux bois qu’il attristait de sa
mélancolie.
Les oiseaux dans
les airs ne chantaient plus l’espoir ;
Une froide rosée enveloppait leurs ailes,
Et
rappelant au nid leurs compagnes fidèles,
Sur des rameaux sans fleurs ils
attendaient le soir.
Les troupeaux, à regret
menés aux pâturages,
N’y trouvaient plus que des herbes sauvages ;
Et
le pâtre, oubliant sa rustique chanson,
Partageait le silence et le deuil du vallon
.
Rien ne charmait l’ennui de la nature
.
La feuille qui perdait sa riante couleur,
Les coteaux dépouillés de
leur verte parure,
Tout demandait au ciel un rayon de chaleur.
Seule, je m’éloignais d’une fête bruyante
,
Je fuyais tes regards, je cherchais ma raison.
Mais la langueur des champs, leur tristesse attrayante,
A ma
langueur secrète ajoutaient leur poison.
Sans
but et sans espoir suivantma rêverie,
Je portais au hasard un pas timide et lent
,
L’Amour m’enveloppa de ton ombre chérie,
Et, malgré
la saison, l’air me parut brûlant.
Je voulais, mais en vain, par un effort suprême,
En me sauvant
de toi, me sauver de moi-même.
Mon
œil, voilé de pleurs, à la terre attaché,
Par un charme
invincible en fut comme arraché :
A travers les brouillards
une image légère
Fit palpiter mon sein de tendresse et d’effroi
.
Le soleil reparaît, l’environne, l’éclaire,
Il entr’ouvre les cieux...
. Tu parus devant moi.
Je n’osai te parler ; interdite, rêveuse,
Enchaînée et soumise à ce trouble enchanteur,
Je n’osai te parler : pourtant j’étais heureuse
,
Je devinai
l’amour, et j’entendis mon coeur.
Mais quand ta main pressa ma main tremblante,
Quand un frisson léger fit tressaillir
mon corps,
Quand
mon front se couvrit d’une rougeur brûlante,
Dieu ! qu’est-ce donc que je sentis alors?
J’oubliai de te fuir, j’oubliai de te craindre
,
Pour
la première fois ta bouche osa se plaindre,
Ma
douleur à la tienne osa se révéler,
Et
mon âme vers toi fut prête à s’exhaler !
Il m’en souvient!
- - T’en souvient-il, ma vie,
De ce tourment
délicieux,
De ces mots arrachés à ta mélancolie :
« Ah !
si je souffre on souffre aux cieux ! »
Des bois nul autre aveu ne troubla le silence.
Ce jour fut de
nos jours le plus beau, le plus doux.
Prêt à s’éteindre, enfin il s’arrêta sur nous,
Et sa fuite à mon cour présagea ton absence
!
L’
âme du monde éclaira notre amour ;
Je vis ses derniers feux mourir sous un nuage
;
Et
dans nos cœurs brisés, désunis sans retour,
Il n’en reste plus que l’image.
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