Deuxième version
¤A L’AMOUR.
1
I. 15

A L’AMOUR.
DIS
R E
PRENDSdecebouquet les trompeusescouleurs,
Ces lettres qui font
mon supplice,
Ce portrait qui fut ton complice
;
Il te ressemble, il rit, tout baigné de
mes pleurs.
Je te rends ce trésor funeste,
Ce froid témoin de
mon affreux ennui:
Ton souvenir brûlant
, que je déteste,
Sera bientôt froid comme
lui.
Oh
! reprends tout. Si mamain tremble encore,
172 : ÉLÉGIES
.

C’est que j’ai cru
te voir sous ces traits que j’abhorre.
Oui, j’ai cru rencontrer le regard d’un trompeur ;
Ce fantôme
a troublé mon courage timide.
Ciel ! on peut donc
mourir à l’aspect d’un perfide,
Si son ombre fait tant
de peur!
Comme
ces feux errans dontle reflet égare,
La flamme de ses yeux a passé devant
moi;
Je rougis d’oublier qu’enfin tout nous sépare;
Mais je n’en rougis que
pour toi.
Que
mes froids sentimens s’expriment avec peine !
Amour
... que je te hais de m’apprendre la haine !
Eloigne -toi, reprends ces trompeuses couleurs,
Ces lettres
, qui fontmon supplice;
Ce portrait, qui fut ton complice;
Il te ressemble, il rit, tout
baigné demes pleurs !
Cache au moinsma colère au cruel qui
t’enyoie ;
ÉLÉGIES.

Dis que
j’ai tout brisé, sans larmes, sans efforts ;
En lui peignant
mes douloureux transports,
Tu lui donnerais trop de joie.
Reprends
aussi, reprends les écrits dangereux,
Où, cachant sous
des fleurs son premier artifice,
Il voulut essayer sa cruauté novice
.
Sur un c
aur simple et malheureux.
Quand tu voudras encore égarer l’innocence,
Quand tu voudras
voir brûler et languir,
Quand tu voudras faire aimer et
mourir,
N’emprunte pas d’autre éloquence.
L’art de séduire est là, comme il est dans son c
oeur !
Va, tu n’as plus besoin d’étude
,
Sois léger par penchant, ingrat par habitude;
Donne
la fièvre, Amour, et garde ta froideur.
Ne
change rien aux aveux pleins de charmes
Dont la magie entraîne au désespoir :
Tu peux de chaque mot calculer le pouvoir,
15.
174 ÉLÉGIES.
Et
choisir ceux encore imprégnés demes larmes.
I
! n’ose merépondre, il s’envole... il est loin.
Puisse -t-il d’un ingrat éterniser l’absence !
Il faudrait par fierté sourire en sa présence
:
J’aimemieux
souffrir sans témoin.
Il ne reviendra plus, il sait que je l’abhorre
;
Je l’ai dit à l’Amour, qui déjà s’est enfui.
S’il osait revenir, je le dirais encore
:
Mais on approche, on parle...
Hélas! ce n’est pas lui!
  Première version
¤A L’AMOUR.
REPRENDS de ce bouquet les trompeuses couleurs,
Ces lettres qui font
mon supplice,
Ce portrait qui fut ton complice
,
Il te ressemble, il rit, tout baigné de
mes pleurs.
Je te rends ce trésor funeste,
Ce froid témoin de
mon affreux ennui:.
Ton souvenir brûlant
que je déteste
Sera bientôt froid comme
lui.
Oh
! reprends tout. Si ma main tremble encore,
C’est que j’ai cru
le voir sous ces traits que j’abhorre.
Oui, j’ai cru rencontrer le regard d’un trompeur ;
Ce fantôme
a troublé mon courage timide.
Ciel ! on peut donc
mourir à l’aspect d’un perfide,
Si son ombre fait tant
de peur !
Comme
ces feux errans dont le reflet égare,
La flamme de ses yeux a passé devant
moi;
Je rougis d’oublier qu’enfin tout nous sépare;
Mais je n’en rougis que
pour toi.
Que
ces froids sentimens s’expriment avec peine !
Amour
, que je te hais de m’apprendre la haine !

É
loigne-toi, reprends ces trompeuses couleurs ;
Ces lettres
qui font mon supplice,
·
Ce portrait qui fut ton complice,
Il te ressemble, il rit, tout
baigné demes pleurs.
Cache au moinsma colère au cruel qui
t’envoie !
Dis que
j’ai tout brisé, sans larmes, sans efforts !
En lui peignant
mes douloureux transports,
Tu lui donnerais trop de joie.
Reprends
aussi, reprends les écrits dangereux,
Où, cachant sous
des fleurs son premier artifice,
Il voulut essayer sa cruauté novice

Sur un c
œur simple et malheureux.
Quand tu voudras encore égarer l’innocence,
Quand tu voudras
voir brûler et languir,
Quand tu voudras faire aimer et
mourir,
N’emprunte pas d’autre éloquence.
L’art de séduire est là, comme il est dans son c
æur !
Va, tu n’as plus besoin d’étude
.
Sois léger par penchant, ingrat par habitude;
Donne
la fièvre, Amour, et garde ta froideur.
Ne
change rien aux aveux pleins de charmes
Dont la magie entraîne au désespoir :
Tu peux de chaque mot calculer le pouvoir,
Et choisir ceux encore imprégnés demes larmes.
I
l n’ose me répondre, il s’envole.... il est loin.
Puisse-t-il d’un ingrat éterniser l’absence!
Il faudrait par fierté sourire en sa présence
;
J’aimemieux
mourir sans témoin.
Il ne reviendra plus, il sait que je l’abhorre
.
Je l’ai dit à l’Amour, qui déjà s’est enfui.
S’il osait revenir, je le dirais encore
.
Mais on approche, on parle...
. Hélas! ce n’est pas lui !
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