Deuxième version
¤LE CONCERT.
1.
21

- LE CONCERT.
UELLE
soirée ! Ô Dieu ! que j’aisouffert !
Dans un trouble charmant
je suivais l’Espérance;
Elle enchantait pour
moi les apprêts du concert,
Et je devais y pleurer ton absence.
Dans la foule cent fois j’ai cru t’apercevoir ;
Mes veux toujours trahis n’embrassaient
queton ombre;
L’Amour
mela laissait tout-à -coup entrevoir,
Pour l’entraîner bientôt vers le lieu le plus sombre.
Séduite par mon cæur toujours
plusagité,
136 ÉLÉGIES
.

Je voyais dans le vague errer ta douce image,
Comme
un astre chéri, qu’enveloppe un nuage,
Par des rayons douteux perce l’obscurité.
Pour la première fois insensible à tes charmes,
Art d’Orphée, art du c
œur, j’aiméconnu ta loi ;
J’étais toute à l’Amour, lui seul
régnait surmoi,
Et
le cruel faisait coulermeslarmes!
D’un chant
divin goûte-t-on la douceur,
Lorsqu’on attend la voix de celui
que l’on aime?
Je craignais ton charme
suprême,
Il nourrissait trop malangueur.
Les sons d’une harpe plainti
ye,
En frappant sur mon sein, le faisaient tressaillir
:
Ils fatiguaientmon oreille attentive,
Et
jemesentais défaillir.
Et toi! q
ue faisais-tu, mon idole chérie,
ÉLÉGIES. 137

Quand ton absence éternisait le jour
?
Quand je donnais tout
mon être à l’amour,
M’as-tu donné ta rêverie
?
As-tu gémide la longueur
du temps?
D’un soir.
.. d’un siècle écoulé pour attendre ?
Non ! son poids
douloureux accable le plus tendre ;
Seule, j’en ai compté les heures, les instans :
J’ai langui sans bonheur, de moi-même arrachée
;
Et
toi, tu ne m’as point cherchée!
Mais quoi ! l’impatience a soulevé
mon sein ;
Et, lasse de rougir de ma tendre infortune,
Je me dérobe à ce bruyant essaim

Des papillons du soir, dont l’hommage importune.
L’heure, aujourd’hui si lente à s’écouler pour moi,
Ne
marche pas encore avec plus de vitesse ;
Mais je suis seule
au moins, seule avec ma tristesse,
Et
jetrace, en rêvant, cette lettre pour toi,
12.
138 ÉLÉGIES
.
Pour toi, que j’espérais, que j’accuse, que j’aime
!
Pour toi, mon seul désir,mon tourment, mon bonheur
!
Mais je ne veux la livrer qu’à toi-même,
Et tu la liras sur
mon coeur. ''
  Première version
¤LE CONCERT.
Quelle soirée ! Ô Dieu ! que j’ai souffert !
Dans un trouble charmant
je suivais l’Espérance ;
Elle enchantait pour
moi les apprêts du concert,
Et je devais y pleurer ton absence.
Dans la foule cent fois j’ai cru t’apercevoir ;
Mes veux toujours trahis n’embrassaient
que ton ombre;
L’Amour
me la laissait tout à coup entrevoir,
Pour l’entraîner bientôt vers le lieu le plus sombre.
Séduite par mon cæur toujours
plus agité,
Je voyais dans le vague errer ta douce image,
Comme
un astre chéri qu’enveloppe un nuage,
Par des rayons douteux perce l’obscurité.
Pour la première fois insensible à tes charmes,
Art d’Orphée, art du c
eur, j’ai méconnu ta loi:
J’étais toute à l’Amour, lui seul
régnait sur moi,
Et
le cruel faisait couler mes larmes !
D’un chant
divin goûte-t-on la douceur,
Lorsqu’on attend la voix de celui
que l’on aime?
Je craignais ton charme
suprême,
Il nourrissait trop malangueur.
Les sons d’une harpe plainti
ve,
En frappant sur mon sein, le faisaient tressaillir
.
Ils fatiguaientmon oreille attentive,
Et
je me sentais défaillir.
Q
ue faisais-tu, mon idole chérie,
Quand ton absence éternisait le jour
?
Quand je donnais tout
mon être à l’amour,
M’as-tu donné ta rêverie
?
As-tu gémide la longueur
du temps?
D’un soir.
... d’un siècle écoulé pour t’attendre ?
Non ! son poids
douloureux accable le plus tendre ;
Seule, j’en ai compté les heures, les instans :
J’ai langui sans bonheur, de moi-même arrachée
;
Et
toi, tu ne m’as point cherchée !
Mais quoi ! l’impatience a soulevé
mon sein,
Et, lasse de rougir de ma tendre infortune,
Je me dérobe à ce bruyant essaim

Des papillons du soir, dont l’hommage importune.
L’heure, aujourd’hui si lente à s’écouler pour moi,
Ne
marche pas encore avec plus de vitesse ;
Mais je suis seule
, au moins, seule avec ma tristesse,
Et
je trace, en rêvant, cette lettre pour toi.
Pour toi, que j’espérais, que j’accuse, que j’aime
!
Pour toi, mon seul désir,mon tourment, mon bonheur
;
Mais je ne veux la livrer qu’à toi-même,
Et tu la liras sur
mon cœur.
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