Deuxième version
¤LE BAL DES CHAMPS.

LE BAL DES CHAMPS,
LA.
CONVALESCENCE
n
bruit de fête agitait mes compagnes;
Sous leurs plus frais atours je les vis accourir
;
Elles criaient : « Viens !
Je bal va s’ouvrir;
Viens
, nous allons au bal, et tu nous accompagnes. »
« Quoi! dans les champs? quoi!
dans ce beau jardin,
Plus beau, plus vert, plus bruyant
à cette heure,
Si gai le soir, si triste le m
utin?
35b POESIES
Car
le matin je sais que l’on y pleure!
Quoi ! vous voulez que j
e suive vos pas,
Si faible encore
? oh ! je ne danse pas,
Non, dis-je, non. » Mais elles m’entourèrent,
De fleurs, de n
œuds en riant me parèrent,
Et rendue en espoir à l’air pur des vallons,
Riante aussi, je répondis :
« Allons ! »
Oui,
cette f�te avaitpour moi des charmes;
Oui, j’appelais des champs les suaves couleurs
;
Car le z
éphyr errant parmi les fleurs
Est salutaire aux yeux où se cachent des larmes.
Mais je dis mal, non, je ne pleurais plus
;
J’étais
de mille maux, de mille biens perdus
Trop lentement
mais à jamais guérie.
Hélas ! on meurt long-temps lorsque l’on fut trahie !
Je renaissais, j’osais vivre pour moi,
Pour l’amitié de ces beautés aimantes
;
DIVERSES. 35g

A me parer j’aidais leurs mains charmantes;
J’étais mieux. Oui, ma s
œur, je le voyais en toi.
Dans tes regards émus qu’il m’était doux de lire,
Quand tu revis des fleurs couronner mes cheveux
!
Tes tristes souvenirs, ton vague espoir, tes v
œux,
Ma s
œur ! je voyais tout à travers ton sourire.
« Regardez-la, disais-tu, qu’elle est bien!
Que manque-t-il à son teint
? quelques roses ;
Et le grand air, le bruit, qui sait
? un rien
Peut tout
-à-coup les y répandre écloses. »
Je t’écoutais
, je ne sais quel pouvoir
M’aidait à fuir ma retraite profonde
;
Je devançais l’instant qui me rendait au monde,
A ce monde entrevu, que je voulais revoir.
Et l’heure frappe, et par elle entraînées,
Nous avançons deux à deux enchaînées.
D’harmonieux échos promènent dans les airs
36o POESIES
L’enchantement des nocturnes concerts ;
Le jour fuyait, mais mille autres lumières
Sur mes yeux éblouis font baisser mes paupières
.
Il me semblait, oh
! quel doux sentiment!
Ciel
! pardonnez à l’orgueil d’un moment!
Il me semblait, dans
nia reconnaissance,
Que tout daignait sourire à ma convalescence.
Les yeux fermés j’accueillis cette erreur ;
Tout caressait mon innocente ivresse;
Autour de moi je sentais le bonheur,
Et le bonheur ressemble à la tendresse.
Mais on nous suit... mais j’entends une voix,
Que dans mon c
œur j’entendis autrefois :
Je crois rêver, je l’espère... et ma vue
Passe en tremblant sur l’image imprévue.
Aimable s
œur, ce futencor ta main,
Qui
, prompte à me sauver, me montra le chemin !
DIVERSES. 36i

De ta frayeur, de ta grâce attendrie,
J’ai murmuré :
« Ne suis-je pas guérie? »
Et lui, peut-être, ému quelques instans

De me revoir languissante et penchée,
Comme une fleur que l’orage a touchée,
Dans ma pâleur il m’observa long-temps.
Mais ma fierté n’en fut point consternée ;
Nul changement n’a paru dans mes traits ;
D’un air indifférent je me suis détournée...
Hélas ! j’ai cru que je mourais !
54



















  Première version
¤LE BAL DES CHAMPS,
OU
LA
CONVALESCENCE.
UN
bruit de fête agitait mes compagnes ;
Sous leurs plus frais atours je les vis accourir
;
Elles criaient : « Viens !
le bal va s’ouvrir ;
Viens
! nous allons au bal,et tu nous accompagnes.»
« Quoi! dans les champs? quoi!
dansce beaujardin,
Plus beau, plus vert, plus bruyant
à cette heure,
Si gai le soir, si triste le m
atin,
Je l’ai vu
le matin, et je sais qu’on y pleurel
Quoi ! vous voulez que j
’y suive vos pas,
Si faible encore
? oh ! je ne danse pas,
Non, dis-je, non. » Mais elles m’entourèrent,
De fleurs, de n
æuds en riant me parèrent,
Et rendue en espoir à l’air pur des vallons,
Riante aussi, je répondis :
allons!
Oui !
cette f�te avait pour moi des charmes ;
Oui, j’appelais des champs les suaves couleurs
;
Car le z
ephyr errant parmi les fleurs,
Est salutaire aux yeux où se cachent des larmes.
Mais je dis mal, non, je ne pleurais plus
;
J’étais
, de mille maux, de mille biens perdus,
Trop lentement
, mais à jamais guérie.
liélas ! on meurt long-temps lorsque l’on fut tranie !
Je renaissais, j’osais vivre pour moi,
Pour l’amitié de ces beautés aimantes
;
A me parer j’aidais leurs mains charmantes;
J’étais mieux. Oui, ma s
oeur, je le voyais en toi.
Dans tes regards émus qu’il m’était doux de lire,
Quand tu revis des fleurs couronner mes cheveux
:
Tes tristes souvenirs, ton vague espoir, tes v
oeux,
Ma s
eur ! je voyais tout à travers ton sourire.
Regardez-la, disais-tu ; qu’elle est bien !
Que manque-t-il à son teint
? quelques roses ;
Et le grand air, le bruit, qui sait
? un rien,
Peut tout
à coup les y répandre écloses.
Je t’écoutais
: je ne sais quel pouvoir
M’aidait à fuir ma retraite profonde
;
Je devançais l’instant qui me rendait au monde,
A ce monde entrevu, que je voulais revoir.
Et l’heure frappe, et par elle entraînées,
Nous avançons deux à deux enchaînées.
D’harmonieux échos promènent dans les airs
L’enchantement des nocturnes concerts ;
Le jour fuyait, mais mille autres lumières
Sur mes yeux éblouis font baisser mes paupières
:
Il me semblait, oh
! quel doux sentiment !
Ciel
! pardonnez à l’orgueil d’un moment :
Il me semblait, dans
ma reconnaissance,
Que tout daignait sourire à ma convalescence.
Les yeux fermés j’accueillis cette erreur ;
On me laissait goûter mon innocente ivresse ;
Autour de moi je sentais le bonheur,
Et le bonheur ressemble à la tendresse.
Mais on nous suit... mais j’entends une voix,
Que dans mon c
oeur j’entendis autrefois :
Je crois rêver, je l’espère... et ma vue
Passe en tremblant sur l’image imprévue.
Aimable s
our ! ce fut encor ta main,
Qui
prompte à me sauver, me montra le chemin.
De ta frayeur, de ta grâce attendrie,
J’ai murmuré :
Ne suis-je pas guérie ?
Et lui, peut-être, ému quelques instans
,
De me revoir languissante et penchée,
Comme une fleur que l’orage a touchée,
Dans ma pâleur il m’observa long-temps.
Mais ma fierté n’en fut point consternée ;
Nul changement n’a paru dans mes traits ;
D’un air indifférent je me suis détournée...
Hélas ! j’ai cru que je mourais !
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