Deuxième version
¤LE PETIT MENTEUR.

LE PETIT MENTEUR.
enez bien près, plus près, qu’on ne puisse
m’entendrc :
Un bruit vole sur vo
iis, mais qu’il est peu flatteur !
Votre mère en est triste ; elle vous est si tendre !
On dit, mon cher
Amour, que vous êtes menteur.
Au lieu d’apprendre en paix la leçon qu’on vous donne,
Vous
Ëiites le plaintif, vous traînez votre voix,
Et vous criez très-haut
: Hé! ma bonne! ma bonne!
27.
3i8 POÉSIES

L’écho, qui me dit tout, m’en a parlé deux fois.
Vous avez effrayé cette bonne attentive,
Et
, pour vous secourir,
Près de vous, toute pâle, on l’a vue accourir :
Hélas ! vous avez ri de sa bonté craintive,
Enfant
! vous avez ri ! quelle douleur pour nous !
On
ne croira donc plus à vos jeunes alarmes?
Si j’avais eu ce tort, j’irais à deux genoux
Lui demander pardon d’avoir ri de ses larmes
;
J’irais... Ne pleurez pas
; causons avant d’agir;
E
coutez une histoire, et jugcz-la vous-même :
Cachez-vous cependant sur ce c
œur qui vous aime ;
Je rougis de vous voir rougir.
« Au loup ! au loup ! à moi ! » criait un jeune pâtre
;
Et les bergers e
utr’eux suspendaient leurs discours.
Trompé par les clameurs du rustique folâtre,
Tout venait, jusqu’aux chiens, tout volait au secours.

DIVERSES. 3i9

Ayant de tant de c
œurs éveillé le courage,
Tirant l’un du sommeil, et l’autre de l’ouvrage,
Il se mettait à rire, il se croyait bien fin :
« Je suis loup, » disait-il. Mais attendez la fin
.
Un jour que les bergers, au fond d’une vallée,
Appelant la gaîté sur leurs aigres pipeaux,
Confondaientleurs
repas, leurs chansons,leurs troupeaux,
Et de leurs pieds
, joyeux, pressaient l’herbe foulée :
«
Au loup! au loup! à moi ! » dit le jeune garçon;
« Au loup ! » répéta-t-il d’une voix lamentable.
Pas un n’abandonna la danse ni la table :
« Il est loup, dirent-ils
5 à d’autres la leçon. »
Et toutefois le loup dévorait la plus belle
De ses belles brebis ;
Et
, pour punir l’enfant qu’il traitait de rebelle,
Il lui montrait les dents, et rompait ses habits :

3so POESIES

Et le pauvre menteur
, élevant ses prières,
N’attristait que l’écho ; ses cris n’amenaient rien.
Tout riait, tout dansait au loin sur les bruyères :
« Eh quoi ! pas un ami, dit-il, pas même un chien
! »
On ajoute, et vraiment, c’est pitié de le croire,
Qu’il serrait la brebis dans ses deux bras tremblans
;
Et,
quand il vint en pleurs raconter son histoire,
On vit que ses deux bras étaient nus et sangla
us.
«
11 ne ment pas, dit-on, il tremble! il saigne! il pleure!
« Quoi ! c’est donc vrai, Colas? » 11 s’appelait Colas.
« Nous avons bien ri tout
-à-1’heure ;
« Et la brebis est morte ! elle est mangée... hélas ! »
On le plaignit. Un rustre
, insensible à ses larmes,
Lui dit : « Tu fus menteur, tu trompas notre effroi :
« Or, s’il m’avait trompé, le menteur, f�
t-il roi,
« Me cr
ierait vainement aux armes. »
Et vous n’êtes pas roi, mon ange, et vous mentez
!
DIVESRES. 3*i

Ici, pas un flatteur dont la voix vous abuse ;
Vous n’avez point d’excuse.
Quand vous aurez perdu tous les c
œurs révoltés,
Vous ne direz qu’à moi votre souffrance amère,
Car on ne ment pas à sa mère.
Tout s’enfuira de vous, j’en pleurerai tout bas
;
Vous n’aurez plus d’amis, je n’aurai plus de joie :
Que ferons-nous alors
? Oh! ne vous cachez pas !
Prenez un peu courage, enfant
; que je vous voie ;
Vous me touchez le c
œur, j’y sens votre pardon ;
Allez, petit chéri, ne trompez plus personne
;
Soyez sage, aimez Dieu, je crois qu’il vous pardonne
;
Il est père, il est bon
!

  Première version
¤LE PETIT MENTEUR.
Venez bien près, plus près, qu’on ne puisse m’entendre :
Un bruit vole sur vo
us, mais qu’il est peu flatteur !
Votre mère en est triste ; elle vous est si tendre !
On dit, mon cher
amour, que vous êtes menteur.
Au lieu d’apprendre en paix la leçon qu’on vous donne,
Vous
faites le plaintif, vous trainez votre voix,
Et vous criez très-haut
: Hé ! ma bonne ! ma bonne !
L’écho, qui me dit tout, m’en a parlé deux fois.
Vous avez effrayé cette bonne attentive,
Et
pour vous secourir,
pour nous !
Près de vous, toute pâle, on l’a vue accourir :
Hélas ! vous avez ri de sa bonté craintive,
Enfant
! vous avez ri! quelle douleur
On
ne croira donc plus à vos jeunes alarmes ?
Si j’avais eu ce tort, j’irais à deux genoux
Lui demander pardon d’avoir ri de ses larmes
,
J’irais... Ne pleurez pas
!’causons avant d’agir ;
É
coutez une histoire, et jugez-la vous-même:
Cachez-vous cependant sur ce c
our qui vous aime ;
Je rougis de vous voir rougir.
« Au loup ! au loup ! à moi ! » criait un jeune pâtre
:
Et les bergers e
ntre eux suspendaient leurs discours.
Trompé par les clameurs du rustique folâtre,
Tout venait, jusqu’aux chiens, tout volait au secours.

Ayant de tant de c
oeurs éveillé le courage,
Tirant l’un du sommeil, et l’autre de l’ouvrage,
Il se mettait à rire, il se croyait bien fin :
« Je suis loup, » disait-il. Mais attendez la fin
:
Un jour que les bergers, au fond d’une vallée,
Appelant la gaîté sur leurs aigres pipeaux,
Confondaientleurs
repas, leurs chansons, leurs troupeaux,
Et de leurs pieds
joyeux pressaient l’herbe foulée :
«
Au loup! au loup ! à moi ! » dit le jeune garçon,
« Au loup ! » répéta-t-il d’une voix lamentable.
Pas un n’abandonna la danse ni la table :
« Il est loup, dirent-ils
; à d’autres la leçon. »
Et toutefois le loup dévorait la plus belle
De ses belles brebis ;
Et
pour punir l’enfant qu’il traitait de rebelle,
Il lui montrait les dents, et rompait ses habits :

Et le pauvre menteur
élevant ses prières,
N’attristait que l’écho ; ses cris n’amenaient rien.
Tout riait, tout dansait au loin sur les bruyères :
« Eh quoi ! pas un ami, dit-il, pas même un chien
! »
On ajoute, et vraiment, c’est pitié de le croire,
Qu’il serrait la brebis dans ses deux bras tremblans
;
Et
quand il vint en pleurs raconter son histoire,
On vit que ses deux bras étaient nus et sangla
ns.
«
Il ne ment pas, dit-on, il tremble,ilsaigne ! il pleure!
Quoi ! c’est donc vrai, Colas ! » Il s’appelait Colas.
« Nous avons bien ri tout
à l’heure,
« Et la brebis est morte ! elle est mangée... hélas ! »
On le plaignit. Un rustre
insensible à ses larmes,
Lui dit : « Tu fus menteur, tu trompas notre effroi :
« Or, s’il m’avait trompé, le menteur, f�
t-il roi,
« Me cr
îrait vainement aux armes. »
Et vous n’êtes pas roi, mon ange, et vous mentez
!
Ici, pas un flatteur dont la voix vous abuse ;
Vous n’avez point d’excuse.
Quand vous aurez perdu tous les c
ours révoltés,
Vous ne direz qu’à moi votre souffrance amère,
Car on ne ment pas à sa mère.
Tout s’enfuira de vous, j’en pleurerai tout bas
,
Vous n’aurez plus d’amis, je n’aurai plus de joie :
Que ferons-nous alors
? Oh ! ne vous cachez pas !
Prenez un peu courage, enfant
, que je vous voie ;
Vous me touchez le c
æur, j’y sens votre pardon ;
Allez, petit chéri, ne trompez plus personne
:
Soyez sage, aimez Dieu, je crois qu’il vous pardonne
:
Il est père, il est bon
!
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