Deuxième version
¤LE RUISSEAU.
1. 7

LE RUISSEAU.
1
e soleil brûlait la plaine,
Les oiseaux étaient
muets ;
Le vent
balançait à peine
Les épis et les bluets
;
Quelques chèvres
, dispersées
Sur le penchant des coteaux
,
Broutaient aux jeunes ormeaux

Les vignes entrelacées
;
Les troupeaux, au fond des bois,

1.
IDYLLES.

S’égaraient dans la bruyère
;
Les chiens étaient sans colère
,
Les bergers étaient sans voix.
On entendait le murmure

D’un ruisseau vif et jaseur,
Qui livrait à l’aventure
Le secret d’un jeune c
eur.
Sur les flots de son rivage

Chloé, fuyant le soleil,
Penchait sa brûlante image,
Belle comme
un fruit vermeil.
« A cette heure où mes compagnes

«
Cherchent l’ombre à l’autre bord,
Qu’au bruit vague des campagnes
« Tout
s’engourdit et s’endort;
Sousma guirlande nouvelle,
Dites-moi, petit ruisseau,
IDYLLES.
«
Me trouvez -vous aussi belle
«
Que Daphnis meparaît beau ?
En vain avec macouronne
«
J’ai l’air aussi d’une fleur ;
Tout l’éclat qu’elle medonne
«
Ne fait pas battre mon coeur.
Aux bergères demon âge
«
Je vois lesmêmes appas;
«
Elles dorment sous l’ombrage,
� Etje n’en soupire pas !
«
Sans Daphnis tout m’est contraire ;
« Daphuis a donc plus d’attraits ?
Et je sens qu’on nepeut plaire
«
Qu’en ayant les mêmes traits.
«
O Daphnis ! Si la parure
« Me
rendait belle à tes yeux,
J’apprendrais, dans l’onde pure,
IDYLLES.
«
A tresser mes longs cheveux.
J’irais supplier mon père
«
De m’accorder, pour un jour,
«
Le ruban qu’avaitmamère
«
Quand il lui parla d’amour,
«
Je cultiverais des roses,
Pour les cueillir avec toi;
«
J’inventerais mille choses
«
Pour t’attirer près de moi.
Hélas !ma triste espérance
«
Néglige un frivole soin ;
Si j’avais ta- ressemblance,
Je n’en aurais pas besoin !
Tes yeux bleus ont une flamme
«
Pareille aux astres tremblans;
«
Leurs rayons pénètrent l’âme :
Les miens sont noirs et brûlans.
Sur ton front ta chevelure
IDYLLES.
«
Forme un gracieux bandeau ;
La mienne ombremaceinture,
Quand je quitte mon chapeau.
Commedes feuilles dorées
«
Se balancent sur les fleurs,
Sousmille boucles cendrées
Brillent tes vives couleurs,
«
Le jeuneorme est ton image,
« Et
( toutme parle aujourd’hui !)
«
Au lierre il prête un ombrage:
«
Je suis faible comme lui.
«
O Daphnis !.... » Etquelques larmes
Tombèrent dans le ruisseau ;
Elles en troublèrent
l’eau,
Comme
elles voilaient ses charmes.
Dans le léger mouvement
De
cette glace agitée,
Sous la surface argentée
IDYLLES.
Elle entrevit son amant.
«
O prodige ! cria-t-elle,
Je vois l’ombre du pasteur ;
Et cette glace fidèle
«
Réfléchit jusqu’à mon coeur. »
Du saule le doux feuillage

Dans les airs se balança ;
Sur les pleurs de son visage

Un souffle amoureux passa.
L’
enfantqui porte des ailes
Se sauvait d’un ciel de feu :
De brûlantes étincelles

Aux champs annonçaient un dieu
:
On n’en sait pas davantage.
Le dieu baissa son bandeau,
Couvrit le jour d’un nuage,
Et
fit taire le ruisseau.
  Première version
¤LE RUISSEAU.
Le soleil brûlait la plaine;
Les oiseaux étaient
muets ;
Le vent
balançait à peine
Les épis et les bluets
.
Quelques chèvres
dispersées
Sur le penchant des coteaux

Broutaient aux jeunes ormeaux

Les vignes entrelacées
.
Les troupeaux, au fond des bois,

S’égaraient dans la bruyère
;
Les chiens étaient sans colère
;
Les bergers étaient sans voix.
On entendait le murmure

D’un ruisseau vif et jaseur,
Qui livrait à l’aventure
Le secret d’un jeune c
our.
Sur les flots de son rivage
,
Chloé, fuyant le soleil,
Penchait sa brûlante image,
Belle comme
un fruit vermeil.
« A cette heure où mes compagnes
»
Cherchent l’ombre à l’autre bord,
Qu’au bruit vague des campagnes »
Tout
s’engourdit et s’endort;
Sousma guirlande nouvelle,
Dites-moi, petit ruisseau,
» Me trouvez-vous aussi belle »
Que Daphnis me paraît beau ?
En vain avec ma couronne »
J’ai l’air aussi d’une fleur ;
Tout l’éclat qu’elle me donne »
Ne fait pas battre mon cœur.
Aux bergères de mon âge »
Je vois les mêmes appas ;
»
Elles dorment sous l’ombrage,
� Et je n’en soupire pas!
»
Sans Daphnis tout m’est contraire ;
à Daphnis a donc plus d’attraits ?
Et je sens qu’on ne peut plaire »
Qu’en ayant les mêmes traits..
»
O Daphnis ! si la parure »
Me
rendait belle à tes yeux,
J’apprendrais, dans l’onde pure,
» A tresser mes longs cheveux.
J’irais supplier mon père »
De m’accorder pour un jour
»
Le ruban qu’avait ma mère »
Quand il lui parla d’amour.
»
Je cultiverais des roses,
Pour les cueillir avec toi ;
»
J’inventerais mille choses »
Pour t’attirer près de moi.
Hélas! ma triste espérance »
Néglige un frivole soin ;
Si j’avais ta ressemblance,
Je n’en aurais pas besoin !
Tes yeux bleus ont une flamme »
Pareille aux astres tremblans ;
»
Leurs rayons pénètrent l’âme :
Les miens sont noirs et brûlans.
Sur ton front ta chevelure »
Forme un gracieux bandeau ;
La mienne ombre ma ceinture,
Quand je quitte mon chapeau.
Comme des feuilles dorées »
Se balancent sur les fleurs,
Sousmille boucles cendrées
Brillent tes vivès couleurs.
»
Le jeune orme est ton image ;
» Et,
( toutme parle aujourd’hui! }
»
Au lierre il prête un ombrage ;
»
Je suis faible comme lui :
»
O Daphnis... o’- Et quelques larmes
Tombèrent dans le ruisseau ;
Elles en troublèrent
l’eau
Comme
elles voilaient ses charmes..
Dans le léger mouvement
De
cette glace agitée,
Sous la surface argentée
Elle entrevit son amant.
«
0 prodige ! cria-t-elle,
Je vois l’ombre du pasteur ;
Et cette glace fidèle
Réfléchit jusqu’à mon cæur, a
Du saule le doux feuillage

Dans les airs se balança ;
Sur les pleurs de son visage

Un souffle amoureux passa.
L’
Enfant qui porte des ailes
Se sauvait d’un ciel de feu :
De brûlantes étincelles

Aux champs annonçaient un dieu
.
On n’en sait pas davantage.
Le dieu baissa son bandeau,
Couvrit le jour d’un nuage,
Et
fit taire le ruisseau.
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