Deuxième version
¤LE SOIR D’ÉTÉ.

LE SOIR D’ÉTÉ.
ENEZ,mes
chers petits ; venez,mesjeunes ames;
Sur mes genoux, venez tous les deux vous asseoir
.
Au soleil qui se couche il faut dire bonsoir :
Voyez commeil est beau dans ses
mourantes flammes!
Sa couronne déj
à n’a plus qu’un rayon d’or :
Demain, plus radieux vous le verrez encor
;
Car on ne l’a point vu s’enfuir sous un nuage
: :
La cigale a chanté ; nous n’aurons point d’orage
.
Ce soleil mûrira les fruits que vous aimez
;
122 IDYLLES.

Il vous rendra vos jeux, vos bouquets parfumés.
Dès qu’il s’éveillera, je vous dirai moi-même
:
Allons
voir le soleil. Jugez si je vous aime!
Les charmantes
Heures viendront
Danser autour de la journée,
Et
, riauies, s’envoleront,
Formant avec des fleurs la trame de l’année.
Et vous appellerez le faible agneau qui dort ;
Pour le baigner ce soir il n’est pas assez fort
;
Huit jours fo
ut tout son âge; il se soutient à peine,
Et vous le fatiguez à courir dans
la plaine.
Venez, il en est temps, vous baigner au ruisseau
;
Tout semble se pencher vers son cristal humide :
Le
moucheron brûlant y pose un pied timide;
Et, fatigué du jour, le flexible arbrisseau
Y trace de son front la fugitive empreinte.
A ses flots attiédis confiez-vous sans crainte ;

IDYLLES. 123

Je suis là. Voyez-vous ces poissons innocens ?
Ne les effrayez pas ; ils s’enfuiront d’eux-mêmes :
De vos jeunes désirs on dirait les embl�
mes ;
Sans les troubler encor ils glissent sur vos sens.

!

Saluez, mes amours, cette vieille bergère :
Son sourire
aux enfans donne une nuit légère.
Quoi! vous voulez courir, pauvres petits mouillés ?
Ce papillon tardif
, que la fraîcheur attire,
Baise dans vos cheveux les lilas effeuillés,
Et, tout en vous bravant, je crois l’entendre rire.
C’est assez le poursuivre et lui jeter des fleurs,
Enfans; vos cris de joie éveillent la colombe :
Un roseau qui s’incline, une feuille qui tombe,
Rompt le charme léger qui suspend les douleurs.
Écoutez dans son nid s’agiter l’hirondelle :
Tout lui semble
un danger ; car elle a des petits.
Peut-être elle a rêvé qu’ils étaient tous partis
;
124 IDYLLES.

La voilà qui se calme ; elle les sent près d’elle !
Mais la lune se lève, et pålit mes crayons
:
Ne bravez pas dans l’eau ses humides rayons
;
Les pavots vont
pleuvoir sur sa lente carrière.
Au ciel, qui donne tout, offrez votre prière
;
Elle est pure et charmante, et vous la dites bien.
La voix est faible encor
e; mais c’est Dieu qui l’écoute !
Un faible accent vers lui sait trouver une route ;
Il entend un soupir ; il ne dédaigne rien.
Et
maintenant dormez. Leurs mains entrelacées
Semblent lier encor leurs naïves pensées.
Hélas
! ces cæurs aimans qu’elles viennent d’unir,
Ne les séparez pas, mon Dieu, dans l’avenir !
Ils dorment. Qu’ils sont
beaux!Queleurmèreest heureuse !
Dieu n’a pas oublié ma plainte douloureuse
;
Sa pitié m’écouta... Tout ce que j’ai perdu,

IDYLLES. 125

Sa pitié, je le sens, me l’a presque rendu !
Sommeil
! ange invisible aux ailes caressantes,
Verse sur mes enfans tes fleurs assoupissantes
;
Que ton baiser de miel enveloppe leurs yeux,
Que ton vague miroir réfléchisse leurs jeux
;
Au pied de ce berceau, que
mon amour balance,
Fais asseoir avec toi l’immobile silence.
Ma prière est sans voix ; mais elle brûle encor.
Dieu ! bénissez ma nuit ; Dieu ! gardez mon trésor !
11.

  Première version
¤LE SOIR D’ÉTÉ.
Venez, mes chers petits ; venez, mes jeunes âmes ;
Sur mes genoux, venez tous les deux vous asseoir
,
Au soleil qui se couche il faut dire bonsoir :
Voyez commeil est beau dans ses
mourantes flammes!
Sa couronne déj
a n’a plus qu’un rayon d’or :
Demain, plus radieux vous le verrez encor
;
Car on ne l’a point vu s’enfuir sous un nuage
.
La cigale a chanté ; nous n’aurons point d’orage
:
Ce soleil mûrira les fruits que vous aimez
;
Il vous rendra vos jeux, vos bouquets parfumés.
Dès qu’il s’éveillera, je vous dirai moi-même
:
Allons
voir le soleil. Jugez si je vous aime !
Les charmantes
heures viendront
Danser autour de la journée,
Et
riantes s’envoleront,
Formant avec des fleurs la trame de l’année.
Et vous appellerez le faible agneau qui dort ;
Pour le baigner ce soir il n’est pas assez fort
:
Huit jours fo
nt tout son âge ; il se soutient à peine,
Et vous le fatiguez à courir dans
la plaine.
Venez, il en est temps, vous baigner au ruisseau
.
Tout semble se pencher vers son cristal humide :
Le
moucheron brûlant y pose un pied timide ;
Et, fatigué du jour, le flexible arbrisseau
Y trace de son front la fugitive empreinte.
A ses flots attiédis confiez-vous sans crainte ;

Je suis là. Voyez-vous ces poissons innocens ?
Ne les effrayez pas ; ils s’enfuiront d’eux-mêmes :
De vos jeunes désirs on dirait les embl�
mes ;
Sans les troubler encor ils glissent sur vos sens.

Saluez, mes amours, cette vieille bergère :
Son sourire
, aux enfans donne une nuit légère.
Quoi! vous voulez courir, pauvres petits mouillés ?
Ce papillon tardif
que la fraîcheur attire,
Baise dans vos cheveux les lilas effeuillés,
Et, tout en vous bravant, je crois l’entendre rire.
C’est assez le poursuivre et lui jeter des fleurs,
Enfans; vos cris de joie éveillent la colombe :
Un roseau qui s’incline, une feuille qui tombe,
Rompt le charme léger qui suspend les douleurs.
Écoutez dans son nid s’agiter l’hirondelle :
Tout lui semble
un danger ; car elle a des petits.
Peut-être elle a rêvé qu’ils étaient tous partis
:
La voilà qui se calme ; elle les sent près d’elle !
Mais la lune se lève, et pålit mes crayons
.
Ne bravez pas dans l’eau ses humides rayons
:
Les pavots vont
pleuvoir sur sa lente carrière.
Au ciel, qui donne tout, offrez votre prière
;
Elle est pure et charmante, et vous la dites bien.
La voix est faible encor
; mais c’est Dieu qui l’écoute !
Un faible accent vers lui sait trouver une route ;
Il entend un soupir ; il ne dédaigne rien.
Et
maintenant dormez. Leurs mains entrelacées
Semblent lier encor leurs naïves pensées.
Hélas
! ces cæurs aimans qu’elles viennent d’unir,
Ne les séparez pas, mon Dieu, dans l’avenir !
Ils dorment. Qu’ils sont
beaux ! Que leurmère est heureuse !
Dieu n’a pas oublié ma plainte douloureuse
:
Sa pitié m’écouta... Tout ce que j’ai perdu,

Sa pitié, je le sens, me l’a presque rendu !
Sommeil
! ange invisible aux ailes caressantes,
Verse sur mes enfans tes fleurs assoupissantes
,
Que ton baiser de miel enveloppe leurs yeux,
Que ton vague miroir réfléchisse leurs jeux
.
Au pied de ce berceau, que
mon amour balance,
Fais asseoir avec toi l’immobile silence.
Ma prière est sans voix ; mais elle brûle encor.
Dieu ! bénissez ma nuit ; Dieu ! gardez mon trésor !
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