Deuxième version
¤A MLLE GEORGINA.

VLLE A ML
E GEORGINA NAIRAC.
!prends garde à l’amour, il menace ta viele ::
Je l’ai vu dans les pleurs que tu verses pour moi.
Prends garde, s’il est temps
! il erre autour de toi,
Et c’est avec des pleurs aussi qu’il m’a suivie.
Retourne vers ta mère et ne la quitte pas.
Va, comme
un faible oiseau que menace l’orage,
Contre son sein paisible appuyer ton courage
;
Portes-
y ta jeunesse, enchaînes- y tes pas.
Plus heureuse que
nous, de son printemps calmée,
1.
35
38
6 ÉL��GIES.
Laisse-la te soustraire à de vaines douleurs :
Va
! tu me béniras de t’avoir alarmée ;
Je fus confiante
, et je meurs.
Folle sécurité d’une
ame qui s’ignore,
C’est donc ainsi toujours que vous devez finir ?
Quand on n’a pas souffert on ne sait rien encore,
On
neveut confier son coeur qu’à l’avenir.
Dans l’âge du danger
, je n’avais plusdemère;
Déj
à mon tendre guide, arrêté par la mort,
N’entendait plus
ma plainte amère ;
Déj
à ses yeux fermés n’éclairaient plusmon sort.
Retourne
vers ta mère, et que ton innocence,
Prudemment
effrayée au tableau demes jours,
Joigne à mon souvenir, qu’il faut plaindre toujours,
Une longue reconnaissance.
''
ÉLÉGIES. 387

Mais tu n’as pas souffert ? ta tranquille pitié,
Dis-le-moi, n’a donné ses pleurs qu’à l’amitié ?
Non, tu n’as pas senti cette fièvre de l’
ame,
Ce
frisson douloureux qui passe au fond du coeur.
L’air ne t’a pas semblé comme
unemolle flamme,.
Qui verse dans les sens la soif et la langueur
?
Ce triste isolement, ce tendre ennui, ces larmes,
Ce besoin de presser un c
aur semblable aų tien,
D’une
voix qui poursuit le fidèle entretien,
Rien n’a comblé t
a vie et de crainte et de charmes ?
Cet objet souhaité, dans un jour imprévu,
Ne
t’a pas sur son sein réunie à toi-même;
Ce tendre objet qui trompe, et qu’il faut
que l’on aime,
Tu ne l’as jamais vu !
Je l’ai vu plein d’amour, et l’amour m’a trompée
;
Je ne croyais que lui
; de lui seul occupée,
J’ai perdu
mon repos dans sa félicité ;
Je l’ai
voulu.Mon Dieu ! c’était sa volonté.
388 ÉLÉGIES.
Il savait tant demots pour merendre sensible,
Pour instruire mon
ame ardente à la douleur !
Lui seul a ce pouvoir, cet art, ce don flexible,
Lui seul donne la vie ensemble et le malheur.

Mais le malheur enfin détache de la vie :
Non, je ne veux plus de
mon sort,
Je ne veux plus souffrir. Sais-tu ce que j’envie
?
Sais-tu ce qu’après lui
j’ai souhaité? la mort.
Son pied ne presse plus le seuil de
una demeure,
Et pour ne la plus voir il invente un chemi
u :
Sans lui
rien demander, j’écoute passer l’heure;
L’heure dit comme lui : « Ni ce soir, ni demain
! »
Mais je compte, j’attends que moins
inexorable
Une
heure, la dernière à mesmaux secourable,
Éteigne sur
ma cendre un importun flambeau,
Et défende à l’amour de troubler mon tombeau.
Quand celui qui me
fuit ne songeait qu’à mesuivre,
ÉLÉGIES. 389

Le cours de mes beaux ans fut près de se tarir :
Qu’il m’eût alors été doux de
mourir
Pour l’amant dont
les pleursmesuppliaient de vivre !
« Ne
meurs pas, disait-il, ou je meurs avec toi ! »
Et
mon ame,enchaînée à cette ameamoureuse,
N’osa quitter la terre et combler son effroi.
L’imprudent! sous
ses pleurs j’allais m’éteindre heureuse,
J’allais mourir aimée. Il m’a rendu des jours,
Pour m’apprendre,
ô douleur ! qu’on n’aime pas toujours.
Une nouvelle voix à son oreille est douce ;
D’autres yeux qu’il entend
désarment son courroux ;
Et ce n’est plus mamain qu’il presse ou qu’il repousse,
. Alors qu’il est tendre ou jaloux.
Quoi ! ce n’est plus versmoi
qu’il apporte sans crainte
Son espoir, son désir, son plus secret dessein :
Et s’il est
malheureux, s’il exhale une plainte,
Ce n’est plus dans
mon sein !
53.
. 39
0 ÉLÉGIES.
L’ai-je trahi ? Jamais. Il eut
mon ame entière.
Hélas ! j’étais étreinte à lui
comme le lierre.
Que pour m’en arracher il m’a fallu souffrir !
Dans cet effort cruel je me
sentis mourir.
Il détourna les yeux, il n’a pas vu mes
larmes ;
Mon reproche jamais n’éveilla ses alarmes
;
Jamais de ses beaux jours je ne ternis un jour
;
Il garda le bonheur
; moi, j’aigardé l’amour.
SOUVENIR.
.
f
- -
عمرہو
  Première version
¤A ME GEORGINA NAIRAC.
Au ! prends garde à l’amour, il menace ta vie,
Je l’ai vu dans les pleurs que tu verses pour moi.
Prends garde, s’il est temps
! il erre autour de toi,
Et c’est avec des pleurs aussi qu’il m’a suivie.
Retourne vers ta mère et ne la quitte pas.
Va, comme
un faible oiseau que menace l’orage,
Contre son sein paisible appuyer ton courage
,
Portes-
y ta jeunesse, enchaînes-y tes pas.
Plus heureuse que
nous, de son printemps calmée,
Laisse-la te soustraire à de vaines douleurs :
Va
! tu me béniras de t’avoir alarmée,
Je fus confiante
et je meurs.
ÉLÉGIES. 35

Folle sécurité d’une
âme qui s’ignore,
C’est donc ainsi toujours que vous devez finir ?
Quand on n’a pas souffert on ne sait rien encore,
On
ne veut confier son sort qu’à l’avenir.
Dans l’âge du danger
je n’avais plus de mère ;
Déj
a mon guide arrêté par la mort,
N’entendait plus
ma plainte amère,
Déj
a ses yeux fermés ne suivaient plus mon sort.
Retourne
vers ta mère, et que ton innocence,
Prudemment
effrayée au tableau de mes jours,
Joigne à mon souvenir, qu’il faut plaindre toujours,
Une longue reconnaissance.

Mais tu n’as pas souffert ? ta tranquille pitié,
Dis-le-moi, n’a donné ses pleurs qu’à l’amitié ?
Non, tu n’as pas senti cette fièvre de l’
âme,
Ce
frisson douloureux qui passe au fond du cour :
L’air ne t’a pas semblé comme
une molle flamme,
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6 ÉL��GIES.
Qui verse dans les sens la soif et la langueur
?
Ce triste isolement, ce tendre ennui, ces larmes,
Ce besoin de presser un c
oeur semblable au tien,
D’une
voix qui poursuit le fidèle entretien,
Rien n’a comblé t
on sort d’amertume et de charmes?
Cet objet souhaité, dans un jour imprévu,
Ne
t’a pas sur son sein réunie à toi-même ;
Ce tendre objet qui trompe, et qu’il faut
que l’on aime,
Tu ne l’as jamais vu !
Je l’ai vu plein d’amour, et l’amour m’a trompée
,
Je ne croyais que lui
! de lui seul occupée,
J’ai perdu
mon repos dans sa félicité,
Je l’ai
voulu. Mon Dieu ! c’était sa volonté.
Il savait tant de mots pour me rendre sensible,
Pour instruire mon
âme ardente à la douleur :
Lui seul a ce pouvoir, cet art, ce don flexible,
Lui seul donne la vie ensemble et le malheur.

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Mais le malheur enfin détache de la vie :
Non, je ne veux plus de
mon sort,
Je ne veux plus souffrir. Sais-tu ce que j’envie
,
Sais-tu ce qu’après lui
j’ai souhaité ? la mort.
Son pied ne presse plus le seuil de
ma demeure,
Et pour ne la plus voir il invente un chemi
n :
Sans lui
rien demander j’écoute passer l’heure ;
L’heure dit comme lui : « Ni ce soir, ni demain
. »
Mais je compte, j’attends que moins
inexorable
Une
heure, la dernière à mes maux secourable,
Éteigne sur
ma cendre un importun flambeau,
Et défende à l’amour de troubler mon tombeau.
Quand celui qui me
fuit ne songeait qu’à me suivre,
Le cours de mes beaux ans fut près de se tarir :
Qu’il m’eût alors été doux de
mourir
Pour l’amant dont
les pleurs me suppliaient devivre.
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8 ÉLÉGIES.
« Ne
meurs pas, disait-il, ou je meurs avec toi ! »
Et
mon âme enchaînée à cette âme amoureuse,
N’osa quitter la terre et combler son effroi.
L’imprudent! sous
ses pleurs j’allaism’éteindre heureuse,
J’allais mourir aimée. Il m’a rendu des jours,
Pour m’apprendre,
oh ! douleur ! qu’on n’aime pas toujours.
Une nouvelle voix à son oreille est douce ;
D’autres yeux qu’il entend
, désarmentson courroux;
Et ce n’est plus mamain qu’il presse ou qu’il repousse,
Alors qu’il est tendre ou jaloux.
Quoi ! ce n’est plus versmoi
qu’ilapportesanscrainte,
Son espoir, son désir, son plus secret dessein :
Et s’il est
malheureux, s’il exhale une plainte,
Ce n’est plus dans
mon sein !
L’ai-je trahi ? Jamais. Il eut
mon âme entière.
Hélas ! j’étais étreinte à lui
comme le lierre.
ÉLÉGIES. 39

Que pour m’en arracher il m’a fallu souffrir !
Dans cet effort cruel je me
sentis mourir.
Il détourna les yeux, il n’a pas vu mes
larmes ;
Mon reproche jamais n’éveilla ses alarmes
;
Jamais de ses beaux jours je ne ternis un jour
;
Il garda le bonheur
; moi, j’ai gardé l’amour.
40 ÉLÉGIES.
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