Deuxième version
¤L’ISOLEMENT.

L’ISOLEMENT.
V uor
! ce n’est plus pour lui, ce n’est plus pour
l’attendre,
Que je vois arriver ces jours longs et
brûlans?
Ce n’est plus son amour que je cherche à pas lents
?
Ce n’est plus cette voix si puissante, si tendre,
Qui
m’implore dans l’ombre, ou que je crois entendre?
Ce n’est plus rien
? Où donc est toutce que j’aimais ?
Que le monde
est désert! n’y laissa -t-il personne?
Le temps
s’arrête et dort : jamais l’heure ne sonne.
370
ÉLÉGIES
.
Toujours vivre, toujours ! on ne meurt
donc jamais?
Est-
ce l’éternité qui pèse sur mon ame?
Interminable nuit que tu couvres de flamme!
Comme l’oiseau du soir qu’on n’entend plus gémir,

Auprès des
feux éteints quene puis-je dormir !
Car ce n’est
plus pour lui qu’en silence éveillée
La muse qui
meplaint, assise sur des fleurs,
M’attire dans les bois, sous l’humide feuillée,
Et
répand sur mes vers des parfums et des pleurs.
Il ne lit plus mes chants, il croit mon ame éteinte
;
Jamais son co
ur guéri n’a soupçonnémaplainte ;
Il n’a pas deviné ce qu’il m’a fait souffrir
:
Qu’importe qu’il l’apprenne
? il ne peutmeguérir.
J’épargne à son orgueil la volupté cruelle

De juger dans
mes pleurs l’excès de mon amour.
Que devrais-je à mes cris ? Sa frayeur? son retour ?
Sa pitié ?... C’est la mort que je veux avant elle.
Tout est détruit : lui-même
, il n’est plus le bonheur:
É
LÉGIES. 371
Il brisa son image en déchirant
mon cour.
Me
rapporterait-il ma douce imprévoyance,
E
tle prismecharmant de l’inexpérience ?
L’amour en s’envolant ne
mel’a pas rendu :
Ce qu’on donne à l’amour est à jamais perdu.

  Première version
¤L’ISOLEMENT.
Quo1 ! cen’est voi ! ce n’est plus pour lui, ce n’est plus pour l’attendre,
Que je vois arriver ces jours longs et
brûlans;
Ce n’est plus son amour que je cherche à pas lents
;
Ce n’est plus cette voix si puissante, si tendre,
Qui
m’implore dans l’ombre, ou que jecrois entendre;
Ce n’est plus rien
. Où donc est tout ce que j’aimais ?
Que le monde
est désert ! n’y laissa-t-il personne?
s’arrête et dort. Jamais l’heure ne sonne.
Toujours vivre, toujours ! on ne meurt
doncjamais.
Est-
ce l’éternité qui pèse sur mon âme ?
Interminable nuit que tu couvres de flamme!
Comme l’oiseau du soir qu’on n’entend plus gémir,

Le temps

28 ÉLÉGIES.

Auprès des
feux éteints que ne puis-je dormir!
Car ce n’est
plus pour lui qu’en silence éveillée,
La muse qui
me plaint assise sur des fleurs,
M’attire dans les bois, sous l’humide feuillée,
Et
répand sur mes vers des parfums et des pleurs.
Il ne lit plus mes chants, il croit mon ame éteinte
;
Jamais son co
eur guéri n’a soupçonné ma plainte,
Il n’a pas deviné ce qu’il m’a fait souffrir
;
Qu’importe qu’il l’apprenne
, il ne peut me guérir.
J’épargne à son orgueil la volupté cruelle
,
De juger dans
mes pleurs l’excès de mon amour :
Que devrais-je à mes cris ? Sa frayeur? son retour ?
Sa pitié ?... C’est la mort que je veux avant elle.
Tout est détruit : lui-même
il n’est plus le bonheur.
Il brisa son image en déchirant
mon coeur.
Me
rapporterait-il ma douce imprévoyance,
E
LÉGIES. 29
Et
le prisme charmant de l’inexpérience !
L’amour en s’envolant ne
me l’a pas rendu :
Ce qu’on donne à l’amour est à jamais perdu.
:
3.
30 ÉLÉGIES.
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