Deuxième version
¤LA FÊTE. ?
our la douzièmefois, hier, surma demeure,
Nuit lente
, tu passais sans jeter de pavots ;
Sur
mon cæur malheureux je sentais tomber l’heure,
Et
l’écho répétait l’heure avecmes sanglots ;
Je regardais, sans voir
, une lampe inutile
Dont les rayons brûlaient
ma paupière immobile :
Elle s’éteint, disais
-je : hélas ! c’étaientmes pleurs,
Qui d’un triste nuage entouraient ses lueurs.
Mais à travers mes
pleurs et cette clarté sombre,
364
ÉLÉGIES
.

J’ai vu paraître une ombre,
Autrefois mon idole, aujourd’hui
mon effroi :
Cette ombre était la sienne, elle avançait vers moi.
« Te voilà donc ! lui dis-je, on m’a désespérée :
« Mon
ame était si tendre ! elle s’est égarée.
« On t
a nommétrompeur, et je t’aicru trompeur :
« Tu ne les démens pas ! tu ris... parle, j’ai
peur.
« Tous ont fui, tous vont voir je ne sais quelle fête :
« Moi je mourais. Mais parle, et
mon ame s’arrête. »
L’ombre alors
merepousse et m’entraîne à la fois.
Oubliant ma faiblesse et
ma fièvre brûlante,
Partout pour la saisir j’étends
mamain tremblante :
Tout est lui, tout m’appelle, et tout a pris sa voix.
J’ai couru, j
?ai suivides sentiers quej’ignore;
Demi-nue, insensible au souffle de
l’hiver,
J’obéissais, mourante, à ce guide si cher :
Il ne m’appelait plus, j’obéissais encore.

ÉLÉGIES. 365

La pluie à longs torrens inondait le chemin
;
Le vent soufflait : « Demain !
n’attends pas à demain ! »
Et je tombe à sa porte, et presque évanouie,

Par l’éclat des flambeaux je m’arrête éblouie.
Des danses, des parfums, des
voix, des chants d’amour
Remplissaient ce séjour
.
Au
milieu de l’encens quiformait un nuage,
J’ai vu d’un groupe heureux se balancer l’image
;
La plus belle au plus tendre abandonnait sa main
:
C’était... l’ai-je rêvé
? c’était cet inhumain,
Comblé de tous
les dons que l’amour nous envoie,
Plus qu’elle encor paré d’espérance et de joie !
Un prestige cruel
m’attachait sur le seuil ;
Sous mon voile de deuil,
J’ai
murmuré comme eux le chant de l’hyménée;
Mais il était plus triste à mon
ame étonnée
Que le cri de l’oiseau qu’on entend soupirer,
Quand
, blessé, sur la rive il est près d’expirer.
31.
36
6 ÉLÉGIES.
Dans l’ombre où m’enchaînait ma douleur
curieuse,
Froide et silencieuse,
J’ai contemplé long-temps ma
mort dans leurbonheur ;
Mais les flambeaux éteints m’en ont caché l’horreur
!
J’ai dormi, je m’éveille, et
ma fièvre est calmée.
Sommeil, affreux miroir
.... Je reprendsmon bandeau.
Voici l’aurore enfin ! lentement ranimée,
Je vais
d’un jour encore essayer le fardeau.
POO BINO
  Première version
¤LA FÊTE.
P
our la douzième fois, hier, sur ma demeure,
Nuit lente
! tu passais sans jeter de pavots ;
Sur
mon cœur malheureux je sentais tomber l’heure,
Et
l’écho répétait l’heure avec mes sanglots :
Je regardais, sans voir
une lampe inutile,
Dont les rayons brûlaient
ma paupière immobile.
Elle s’éteint, disais
-je : hélas ! c’étaient mes pleurs,
Qui d’un triste nuage entouraient ses lueurs.
Mais à travers mes
pleurs et cette clarté sombre,
J’ai vu paraître une ombre,
Autrefois mon idole, aujourd’hui
mon effroi :
Cette ombre était la sienne, elle avançait vers moi.
24 ÉLÉGIES.
« Te voilà donc, lui dis-je, on m’a désespérée :
« Mon
âme était si tendre, elle s’est égarée.
« On t
a nommé trompeur, et je t’ai cru trompeur :
« Tu ne les démens pas ! tu ris... parle, j’ai
peur.
« Tous ont fui, tous vont voir je ne sais quelle fête :
« Moi je mourais. Mais parle, et
mon âme s’arrête. »
L’ombre alors
me repousse et m’entraîne à-la-fois.
Oubliant ma faiblesse et
ma fièvre brûlante,
Partout pour la saisir j’étends
ma main tremblante :
Tout est lui, tout m’appelle, et tout a pris sa voix.
J’ai couru, j
ai suivi des sentiers que j’ignore ;
Demi-nue, insensible au souffle de
l’hiver,
J’obéissais, mourante, à ce guide si cher :
Il ne m’appelait plus, j’obéissais encore.

La pluie à longs torrens inondait le chemin
:
Le vent soufflait : « Demain !
n’attends pas à demain !»
Et je tombe à sa porte, et presque évanouie,

ÉLÉGIES. 25

Par l’éclat des flambeaux je m’arrête éblouie.
Des danses, des parfums, des
voix, des chants d’amour,
Remplissaient ce séjour
:
Au
milieu de l’encens qui formait un nuage,
J’ai vu d’un groupe heureux se balancer l’image
;
La plus belle au plus tendre abandonnait sa main
;
C’était... l’ai-je rêvé
! c’était cet inhumain,
Comblé de tous
les dons que l’amour nous envoie,
Plus qu’elle encor paré d’espérance et de joie !
Un prestige cruel
n’attachait sur le seuil ;
Sous mon voile de deuil,
J’ai
murmuré comme eux le chant de l’hyménée ;
Mais il était plus triste à mon
âme étonnée,
Que le cri de l’oiseau qu’on entend soupirer,
Quand
blessé sur la rive il est près d’expirer.
Dans l’ombre où m’enchaînait ma douleur
curieuse,
Froide et silencieuse,
J’ai contemplé long-temps ma
mort dans leur bonheur :
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6 ÉLÉGIES.
Mais les flambeaux éteints m’en ont caché l’horreur
.
J’ai dormi, je m’éveille, et
ma fièvre est calmée.
Sommeil, affreux miroir
!... Je reprends mon bandeau ;
Voici l’aurore enfin ! lentement ranimée,
Je vais
, d’un jour encore essayer le fardeau,
Daukee
ÉLÉGIES. 27
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