Deuxième version
¤LE MIROIR.

LE MIROIR.
OM
me un enfant cruel tourmente la douceur
De l’agneau craintif qu’il enchaîne,
Amour
, je t’ai vu rire � l’accentdema peine:
J’en ai pleuré, pour toi,
de honte etde douleur.
Mais l’agneau gémissant rêve au joug qui l’opprime;
Il le brise en silence, et retourne au vallon :
Adieu, cruel enfant
dont je fus la victime,
Adieu, le pauvre agneau m’a rendu la raison.
Joyeux et bondissantdes vallons aux prairies,
.
I
RELoutaLe prit Lebornevois
TOUR AUX CHAMPS.
LE
UE ce lieu me semble attriste !
a changédans la nature ;
intemps n’a plus de verdure;
cage est désenchanté !
fois, l’onde fugitive
en courant, les cailloux et les fleurs :
qu’un roseau languissant sur la rive,
es yeux se couvrent de pleurs !

LE MIROIR.
OMME un enfant cruel tourmente la douceur
De l’agneau craintif qu’il enchaîne,
Amour, je t’ai vu rire å l’accent de ma peine :
J’en ai pleuré, pour toi, de honte et de douleur.
Mais l’agneau gémissant rêve au joug qui l’opprime ;
Il le brise en silence, et retourne au vallon :
Adieu, cruel enfant
dont je fus la victime,
Adieu, le pauvre agneau m’a rendu la raison.
Joyeux et bondissant des vallons aux prairies,

1. 5
50 IDYLLES.

Dégagé
de l’anneau de fer
Qui le blessa long-temps sous des chaînes fleuries,
Il voit l’herbe plus verte et le ruisseau plus clair.
Ma fierté languissante est enfin éveillée ;
Je repousse en fuyant
tes amères faveurs;
Et, sous
maguirlande effeuillée, i
J’ai
brisé tes fers imposteurs.
Ne viens pas
metroubler, amour ! je suis heureuse ;
Je ne sens plus le poids d’un lien détesté.
Mais quoi
! sa fraîche empreinte est encor douloureuse :
Ah ! laisse un long repos au c
oeur qui l’a porté!
Va rendre ce lien à l’ingrat que j’oublie :
.
est à toi d’obéir, tu n’es plusmon vainqueur ;
Tu ne l’es plus
! mes chants, ma liberté,ma vie,
J’ai tout repris avec mon co
eur.
Qu’il promène le sien sur tes ailes légères
,
Je le verrai
sans trouble ; il n’est plusrien pourmoi.
IDYLLES
.
Je ne l’attendrai plus aux fêtes bocagères ;
A peine il mesouvient qu’il y surprit ma foi.
Je l’ai fui tout un jour sans
répandre delarmes ;
Toutun jour !
ah !pour luimes yeux n’ont plusde pleurs.
Je souris au miroir en essayant des fl
curs,
Et
le miroir m’apprend qu’un sourire a des charmes.
Comme le lin des champs flotte au gré des z
ephyrs,
J’abandonne
ma chevelure,
Qui va flotter à l’aventure
,
Ainsi que
mes nouveaux désirs.
Oui, l’air qui m’environne, épuré par l’orage,
.
Me rendra, comme
aux fleurs, l’éclat et la beauté ;
Et bientôt
mon sort, sans nuage,
Brillera comme
un jour d’été.
Mais non, je ne veux point de fleurs dans
maparure ;
Ce qu’il aimait ne doit plus m’embellir.
Cachons-les avec soin ; s’il venait, le parjure,

52 IDYLLES.

Il croirait que pour lui j’ai daigné les cueillir.
S’il venait... qu’ai-je dit ? quoi ! son audace extrême
Le ramènerait-
elle où mon courroux l’attend ?
Pourrait-il s’arracher à ce monde qu’il aime,
A ce juge léger qui flatte un inconstant?
Au fond de mon miroir je vois errer son ombre
;
Une ombre plus légère appelle son regard ;
Il la cherche lui-même, il l’aborde; il fait sombre
;
Il soupire.... Ah
! perfide! est-ce encor le hasard ?...
Oh
! commeil la regarde! Oh ! comme il est près d’elle !
Comme
il luipeint l’ardeur qu’il feignit avecmoi!
Il ne feint plus, car elle est belle
:
Amour! va les unir, ils n’attendent que toi.

Je garde mes bouquets. Ma
parure est finie :
Maparure ! et pour qui tant de soins
superflus ?
Ce beau jour est voilé, cette glace est terni
c,
Et le miroir ne sourit plus.

  Première version
¤LE MIROIR.
Comme un enfant cruel tourmente la douceur
De l’agneau craintif qu’il enchaîne,
Amour
je t’ai vu rire � l’accent dema peine :
J’en ai pleuré, pour toi,
de honte et de douleur.
Mais l’agneau gémissant rêve au joug qui l’opprime;
Il le brise en silence, et retourne au vallon :
Adieu, cruel enfant
dont je fus la victime,
Adieu, le pauvre agneau m’a rendu la raison.
Joyeux et bondissant des vallons aux prairies,

Dégagé
de l’anneau de fer Qui le blessa long-temps sous des chaînes fleuries,
Il voit l’herbe plus verte et le ruisseau plus clair.
Ma fierté languissante est enfin éveillée ;
Je repousse en fuyant
tes amères faveurs ;
Et, sous
ma guirlande effeuillée,
J’ai
brisé tes fers imposteurs.
Ne viens pas
me troubler : va-t’en, je suis heureuse ;
Je ne sens plus le poids d’un lien détesté.
Mais quoi
! sa fraîche empreinte est encor douloureuse :
Ah ! laisse un long repos au c
œur qui l’a porté !
Va rendre ce lien à l’ingrat que j’oublie :

C’
est à toi d’obéir, tu n’es plus mon vainqueur ;
Tu ne l’es plus
! Mes chants, ma liberté, ma vie,
J’ai tout repris avec mon co
ur.
Qu’il promène le sien sur tes ailes légères
;
Je le verrai
sans trouble, il n’est plus rien pour moi.
Je ne l’attendrai plus aux fêtes bocagères ;
A peine il mesouvient qu’il y surprit ma foi.
Je l’ai fui tout un jour sans
répandre des larmes ;
Toutun jour !
ah ! pour luimes yeux n’ontplusde pleurs
Je souris au miroir en essayant des fl
eurs,
Et
le miroir m’apprend qu’un sourire a des charmes.
Comme le lin des champs flotte au gré des z
éphyrs,
J’abandonne
ma chevelure,
Qui va flotter à l’aventure

Ainsi que
mes nouveaux désirs.
Oui, l’air qui m’environne, épuré par l’orage,

Me rendra, comme
aux fleurs, l’éclat et la beauté;
Et bientôt
mon sort, sans nuage,
Brillera comme
un jour d’été.
Mais non, je ne veux point de fleurs dans
ma parure ;
Ce qu’il aimait ne doit plus m’embellir.
Cachons-les avec soin ; s’il venait, le parjure,

Il croirait que pour lui j’ai daigné les cueillir.
S’il venait... qu’ai-je dit ? quoi ! son audace extrême
Le ramènerait-
elle où mon courroux l’attend ?
Pourrait-il s’arracher à ce monde qu’il aime,
A ce juge léger qui flatte un inconstant?
Au fond de mon miroir je vois errer son ombre
;
Une ombre plus légère appelle son regard ;
Il la cherche lui-même, il l’aborde; il fait sombre
;
Il soupire.... Ah
! perfide! est-ce encor le hasard ?
Oh
! commeil la regarde! Oh ! commeil est près d’elle !
Comme
il lui peint l’ardeur qu’il feignit avec moi !
Il ne feint plus, car elle est belle

Amour! va les unir, ils n’attendent que toi.
.
Je garde mes bouquets. Ma
parure est finie :
Maparure ! et pour qui tant de soins
superflus ?
Ce beau jour est voilé, cette glace est terni
e,
Et le miroir ne sourit plus.
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