Deuxième version
¤LES ROSES.
L’
Air était pur, la nuit régnait sans voiles ;
Elle riait du dépit de l’Amour
;
Il aime l’ombre
, et le feu des étoiles,
En scintillant, formait un nouveau jour
:.
Tout s’y trompait. L’oiseau, dans le bocage,
Prenait minuit pour l’heure des concerts ;
Et les z
éphirs, surpris de ce ramage,.
Plus
mollement le portaient dans les airs.
Tandis qu’aux champs quelques jeunes abeilles

Volaient encore en tourbillons légers,
..
Le Printemps en silence
épanchait ses corbeilles,
Et
de ses doux présens embaumait nos vergers.
O ma
mère ! on eût dit qu’une fête aux campagnes,
Dans cette belle nuit, se célébrait tout bas ;
On eût dit que de loin mes plus chères compagnes

Murmuraient des chansons pour attirer mes pas.
J’écoutais, j’entendais couler
, parmiles roses,
Le ruisseau qui, baignant leurs couronnes écloses,
Oppose un voile humide aux brûlantes chaleurs
;
Et
moi, cherchant le frais sur la mousse et les fleurs
Je m’endormis. Ne
grondez pas, mamère!
Dans notre enclos qui pouvait pénétrer ?
Moutons et chiens, tout venait
de rentrer,
Et
j’avais vu Daphnis passer avec son père.
Au bruit de l’eau, je sentis le sommeil

Envelopper mon
ame et mes yeux d’un nuage,
Et
lentement s’évanouir l’image
Que je tremblais de revoir au réveil
:
Je m’endormis. Mais l’image, enhardie,
Au bruit de l’eau
se glissa dans mon coeur:
Le chant des bois, leur vague mélodie,
En la berçant, fait rêver la pudeur.
En vain, pour m’éveiller, mes compagnes chéries
,
Auraient fait demon nom retentir les prairies,
En me
tendant leurs bras entrelacés ;
J’aurais dit : Non, je dors, je veux dormir, dansez
!
Mille songes couraient
; c’étaient les seuls nuages
Que la lune teignît de ses vagues lueurs
;
Comme les papillons sur leurs ailes volages

De l’air qui les balance empruntent les couleurs.
Calme, les yeux fermés, je me
sentais sourire ;
Des songes prêts à fuir je retenais l’essor ;
Mais las de voltiger
, (mamère, j’en soupire !)
Ils disparurent tous
; un seulme trouble encor;
Un seul.
Je vis Daphnis franchissant la clairière ;
Son ombre s’approcha de
mon sein palpitant;
C’était une ombre
, et j’avais peur pourtant ;
Mais le sommeil enchaînait ma paupière.
Doucement, doucement, il m’appela deux fois ;
J’allais crier, j’étais tremblante ;
Je sentis sur
ma bouche une rose brûlante,
Et la frayeur m’ota la voix.
Depuis ce temps, ne grondez pas,
mamère,
Daphnis, qui chaque soir passait avec son père,
Daphnis
mesuit partout, pensif et curieux.
O mamère
! il a vu mon rêve dansmes yeux !
  Première version
¤LES ROSES.
L’
air était pur, la nuit régnait sans voiles ;.
Elle riait du dépit de l’Amour
,
Il aime l’ombre
; et le feu des étoiles,
En scintillant, formait un nouveau jour
.
Tout s’y trompait. L’oiseau, dans le bocage,
Prenait minuit pour l’heure des concerts ;
Et les z
ephyrs, surpris de ce ramage,
Plus
mollement le portaient dans les airs.
Tandis qu’aux champs quelques jeunes abeilles

Volaient encore en tourbillons légers,

Le Printemps en silence
répandait ses corbeilles,
Et
de ses doux présens embaumait nos vergers.
O ma
mère! on eût dit qu’une fête aux campagnes,
Dans cette belle nuit, se célébrait tout bas ;
On eût dit que de loin mes plus chères compagnes

Murmuraient des chansons pour attirer mes pas.
J’écoutais, j’entendais couler
parmi les roses
Le ruisseau qui, baignant leurs couronnes écloses,
Oppose un voile humide aux brûlantes chaleurs
.
Et
moi, cherchant le frais sur la mousse et les fleurs,
Je m’endormis. Ne
grondez pas, ma mère!
Dans notre enclos qui pouvait pénétrer ?
Moutons et chiens, tout venait
de rentrer,
Et
j’avais vu Daphnis passer avec son père.
Au bruit de l’eau, je sentis le sommeil

Envelopper mon
âme et mes yeux d’un nuage,
Et
lentement s’évanouir l’image
Que je tremblais de revoir au réveil
!
Je m’endormis. Mais l’image, enhardie,
Au bruit de l’eau
, se glissa dans mon coeur :
Le chant des bois, leur vague mélodie,
En la berçant, fait rêver la pudeur.
En vain, pour m’éveiller, mes compagnes chéries

Auraient fait demon nom retentir les prairies,
En me
tendant leurs bras entrelacés ;
J’aurais dit : Non, je dors, je veux dormir, dansez
.
Mille songes couraient
; c’étaient les seuls nuages
Que la lune teignît de ses vagues lueurs
:
Comme les papillons sur leurs ailes volages

De l’air qui les balance empruntent les couleurs.
Calme, les yeux fermés, je me
sentais sourire ;
Des songes prêts à fuir je retenais l’essor ;
Mais las de voltiger
(ma mère, j’en soupire ),
Ils disparurent tous
. Un seul me trouble encor :
Un seul.
Je vis Daphnis franchissant la clairière ;
Son ombre s’approcha de
mon sein palpitant ;
C’était une ombre
; et j’avais peur, pourtant :
Mais le sommeil enchaînait ma paupière.
Doucement, doucement, il m’appela deux fois ;
J’allais crier, j’étais tremblante ;
Je sentis sur
ma bouche une rose brûlante ;
Et la frayeur m’ota la voix.
Depuis ce temps, ne grondez pas,
mamère !
Daphnis, qui chaque soir passait avec son père,
Daphnis
me suit partout, pensif et curieux ;
O mamère
! il a vu mon rêve dans mes yeux !
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