Deuxième version
¤A DÉLIE.
III.

Oui ! cette plainte échappe à ma douleur :
Je le sens, vous m’avez perdue
.
Vous avez, malgré moi, disposé de mon c
our;
Et ce c
oeur contre moi vous a trop défendue.
Ah ! que vous me faites haïr
Cette feinte amitié qui coûte tant de larmes !
Je n’étais point jalouse de vos charmes,
Cruelle ! de quoi donc vouliez-vous
me punir ?
Vos succès me
rendaient heureuse ;
Votre bonheur me tenait lieu du mien ;
Et quand je vous voyais attristée ou rêveuse,
Pour
vous distraire encor j’oubliais mon chagrin.
Mais ce perfide amant dont j’évitais l’empire,
Que vous avez instruit dans l’art de me séduire,
Qui trompa ma raison par des accens si doux
,
Je le ha
is encor plus que vous.
Par quelle cruauté me l’avoir fait connaître ?
Par quel affreux orgueil voulut-il me charmer ?

Ah ! si l’ingrat ne peut aimer,
A quoi sert l’amour qu’il fait naître ?
ÉLÉGIES.
Je l’ai prévu
, j’ai voulu fuir ;
L’Amour jamais n’eut de moi que des larmes :
Vous avez ri de mes alarmes,
Et vous riez encor quand je me sens mourir
!
Grâce à vous, j’ai perdu le repos de ma vie :
Votre imprudence a causé mon malheur
,
Et vous m’avez ravi jusques à la douceur
De pleurer avec mon amie !
Laissez-moi seule avec mon désespoir
,
Vous ne pouvez me plaindre ni m’entendre ;
Vous causez la douleur, sans
même la comprendre ;
A quoi me servirait de vous la laisser voir ?
Victime d’un amant, par vous-même trahie,
J’abhorre l’Amitié
, je la fuis sans retour ;
Et je vois, à sa perfidie,
Que l’ingrate est s
eur de l’Amour.
  Première version
¤À DÉLIE.

III.


Oui ! cette plainte échappe à ma douleur :
Je le sens, vous m’avez perdue
!
Vous avez, malgré moi, disposé de mon c
œur ;
Et ce c
œur s’égara dès qu’il vous eut connue.
Ah ! que vous me faites haïr

Cette feinte amitié qui coûte tant de larmes !
Je n’étais point jalouse de vos charmes,
Cruelle ! de quoi donc vouliez-vous
me punir ?
Vos succès me
rendaient heureuse ;
Votre bonheur me tenait lieu du mien ;
Et quand je vous voyais attristée ou rêveuse,
Pour
charmer votre ennui j’oubliais mon chagrin !
Mais ce perfide amant dont j’évitais l’empire,
Que vous avez instruit dans l’art de me séduire,
Qui trompa ma raison par des accens si doux

Je le ha
ïs encor plus que vous !
Par quelle cruauté me l’avoir fait connaître ?
Par quel affreux orgueil voulut-il me charmer ?


Ah ! si l’ingrat ne peut aimer,
À quoi sert l’amour qu’il fait naître ?

Je l’ai prévu
j’ai voulu fuir ;
L’Amour jamais n’eut de moi que des larmes :
Vous avez ri de mes alarmes,
Et vous riez encor quand je me sens mourir

Grâce à vous, j’ai perdu le repos de ma vie :
Votre imprudence a causé mon malheur
;
Et vous m’avez ravi jusques à la douceur
De pleurer avec mon amie !
Laissez-moi seule avec mon désespoir
;
Vous ne pouvez me plaindre ni m’entendre ;
Vous causez la douleur, sans
même la comprendre ;
À quoi me servirait de vous la laisser voir ?
Victime d’un amant, par vous-même trahie,
J’abhorre l’Amitié
je la fuis sans retour ;
Et je vois, à sa perfidie,
Que l’ingrate est s
œur de l’Amour !

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