Deuxième version
¤A L’AMOUR.
REPRENDS
de ce bouquet les trompeuses couleurs,
Ces lettres qui font mon supplice,
Ce portrait qui fut ton complice
,
Il te ressemble
, il rit, tout baigné de mes pleurs.
Je te rends ce trésor funeste,
Ce froid témoin de mon affreux ennui
:.
Ton souvenir brûlant
que je déteste
Sera bientôt froid comme lui
.
Oh
! reprends tout. Si ma main tremble encore,
C’est que j’ai cru
le voir sous ces traits que j’abhorre.
Oui, j’ai cru rencontrer le regard d’un trompeur ;
Ce fantôme a troublé mon courage timide.
Ciel ! on peut donc mourir à l’aspect d’un perfide,
Si son ombre fait tant de peur !

Comme ces feux errans
dont le reflet égare,
La flamme de
ses yeux a passé devant moi;
Je rougis d’oublier qu’enfin tout nous sépare
;
Mais je n’en rougis que pour toi
.
Que
ces froids sentimens s’expriment avec peine !
Amour, que je te hais de m’apprendre la haine !


Éloigne-toi
, reprends ces trompeuses couleurs ;
Ces lettres qui font mon supplice,
· Ce portrait qui fut ton complice,
Il te ressemble
, il rit, tout baigné demes pleurs.
Cache au moins
ma colère au cruel qui t’envoie !
Dis que j’ai tout brisé, sans larmes, sans efforts
!
E
n lui peignant mes douloureux transports,
Tu lui donnerais trop de joie
.
Reprends
aussiaussi, reprends les écrits dangereux,
Où, cachant sous des fleurs son premier artifice,
Il voulut essayer sa cruauté novice

Sur un cœur simple
et malheureux.
Quand tu voudras encore égarer l’innocence,
Quand tu voudras voir brûler et languir,
Quand tu voudras faire aimer et mourir,
N’emprunte pas d’autre éloquence
.
L’art de séduire est là
, comme il est dans son cæur !
Va
, tu n’as plus besoin d’étude.
Sois léger par penchant, ingrat par habitude
;
Donne la fièvre, Amour
, et garde ta froideur.
Ne change rien aux aveux pleins de charmes

Dont la magie entraîne au désespoir :
Tu peux de chaque mot calculer le pouvoir,
Et choisir ceux encore imprégnés de
mes larmes.
Il n’ose me répondre
, il s’envole.... il est loin.
Puisse-t-il d’un ingrat éterniser l’absence!
Il faudrait par fierté sourire en sa présence ;
J’aime
mieux mourir sans témoin.
Il ne reviendra plus
, il sait que je l’abhorre.
Je l’ai dit à l’Amour, qui déjà s’est enfui
.
S’il osait revenir, je le dirais encore
.
Mais on approche
, on parle.... Hélas! ce n’est pas lui !
  Première version
¤LA COLÈRE.

Reprends
de ce bouquet les trompeuses couleurs,
Ces lettres qui font mon supplice,
Ce portrait qui fut ton complice
!
Il te ressemble
! il rit, tout baigné de mes pleurs !
Je te rends ce trésor funeste,
Ce froid témoin de mon affreux ennui
!
Ton souvenir brûlant
que je déteste,
Sera bientôt froid comme lui
!
Oh
! reprends tout ! Si ma main tremble encore,
C’est que j’ai cru
te voir sous ces traits que j’abhorre.
Oui, j’ai cru rencontrer le regard d’un trompeur ;
Ce fantôme a troublé mon courage timide.
Ciel ! on peut donc mourir à l’aspect d’un perfide,
Si son ombre fait tant de peur !


Comme ces feux errans
, dont le reflet égare,
La flamme de
tes yeux a passé devant moi ;
Je rougis d’oublier qu’enfin tout nous sépare
;
Mais je n’en rougis que pour toi
!

Que
mes froids sentimens s’expriment avec peine !
Amour, que je te hais de m’apprendre la haine !

Éloigne-toi
; reprends ces trompeuses couleurs,
Ces lettres qui font mon supplice,
Ce portrait qui fut ton complice !
Il te ressemble
aussi ; car il rit de mes pleurs !
Cache au moins
ma colère au cruel qui l’envoie !
Dis que j’ai tout brisé, sans larmes, sans efforts

Hélas ! e
n lui peignant mes douloureux transports,
Tu lui donnerais trop de joie
!
Reprends
vite, reprends les écrits dangereux
Où, cachant sous des fleurs son premier artifice,
Il voulut essayer sa cruauté novice

Sur un cœur simple
ct malheureux.
Quand tu voudras encore égarer l’innocence,
Quand tu voudras voir brûler et languir,
Quand tu voudras faire aimer et mourir,
N’emprunte pas d’autre éloquence
!
L’art de séduire est là
comme il est dans son cœur !
Va
! tu n’as plus besoin d’étude.
Sois léger par penchant, ingrat par habitude
,
Donne la fièvre, Amour
! et garde ta froideur !
Ne change rien aux aveux pleins de charmes

Dont la magie entraîne au désespoir :
Tu peux de chaque mot calculer le pouvoir,
Et choisir ceux encore imprégnés de
mes larmes !

Il n’ose me répondre
il s’envole il est loin !
Puisse-t-il d’un ingrat éterniser l’absence !
Il faudrait par fierté sourire en sa présence ;
J’aime
mieux mourir sans témoin !
Il ne reviendra plus
!… il sait que je l’abhorre.
Je l’ai dit à l’Amour, qui déjà s’est enfui
;
S’il osait revenir, je le dirais encore
!
Mais on approche
! on parle !… Hélas ! ce n’est pas lui !

Il semble que votre navigateur par défaut ne supporte pas ce logiciel.


Pour remédier à cela procédez comme suit :

1. Téléchargez une copie de Mozilla Firefox ou de Google Chrome.

2. Ouvrez une fenêtre du navigateur que vous venez de télécharger.

3. Ouvrez le disque et glissez-déposez le fichier index.html sur la fenêtre du navigateur.
 
   
 
 

Déplacements [1] Blocs communs [55]