Deuxième version
¤LES DEUX AMITIÉS.
A MON AMIE, ALBERTINE GANTIER.
Il est deux Amitiés comme il est deux Amours
.
L’une ressemble à l’
imprudence;
Faite pour l’âge heureux dont elle a l’ignorance,
C’est une enfant qui rit toujours
.
Bruyante, naïve, légère,
Elle éclate en transports joyeux
.
Aux préjugés du monde, indocile, étrangère,
Elle confond les rangs, et folâtre avec eux.
L’instinct du cœur est sa science,
Et son guide est la
confiance.
L’enfance ne sait point ha
ir,
Elle ignore qu’on peut
trahir.
Si l’ennui dans ses yeux (on l’éprouve à tout
âge ).
Fait rouler quelques pleurs,
L’Amitié les arrête, et couvre ce nuage
D’un nuage de fleurs.
On la voit s’élancer près de l’enfant qu’elle aime,
Caresser la douleur sans la comprendre encor,
Lui jeter des bouquets moins rians qu’elle-même,

L’obliger à la fuite
et reprendre l’essor.
192 POÉSIES

C’est elle, ô ma première amie
!
Dont la cha
ine s’étend pour nous unir toujours.
Elle embellit par toi l’aurore de
ma vie,
Elle en doit embellir encor les derniers jours.
Oh ! que son empire est aimable !
Qu’il répand un charme ineffable
Sur la jeunesse et l’avenir,
Ce doux reflet du souvenir !
Ce rêve pur de notre enfance
En a prolongé l’innocence ;
L’Amour, le temps, l’absence, le malheur,
Semblent le respecter dans le fond de mon c
æur.
Il traverse avec nous la saison des orages,
Comme
un rayon du ciel qui nous guide et nous luit;
C’est, ma chère, un jour sans nuages,
Qui prépare une douce nuit.

L’autre Amitié, plus grave, plus austère,
Se donne avec lenteur, choisit avec mystère ;
Elle observe en silence, et craint de s’avancer ;
Elle écarte les fleurs, de peur de s’y blesser
.
Choisissant la
raison pour conseil et pour guide,
Elle voit par ses yeux
et marche sur ses pas ;
Son abord est craintif, son regard est timide ;
Elle attend, et ne prévient pas.
DIVERSES. 193
  Première version
¤LES DEUX AMITIÉS.

À
MON AMIE, ALBERTINE GANTIER.

Il est deux Amitiés comme il est deux Amours
;
L’une ressemble à l’
Imprudence ;
Faite pour l’âge heureux dont elle a l’ignorance,
C’est une enfant qui rit toujours
,
Bruyante, naïve, légère,
Elle éclate en transports joyeux
;
Aux préjugés du monde, indocile, étrangère,
Elle confond les rangs, et folâtre avec eux.
L’instinct du cœur est sa science,
Et son guide est la
Confiance.
L’enfance ne sait point ha
ïr,
Elle ignore qu’on peut
trahir.
Si l’ennui dans ses yeux (on l’éprouve à tout
âge)
Fait rouler quelques pleurs,
L’Amitié les arrête, et couvre ce nuage
D’un nuage de fleurs.
On la voit s’élancer près de l’enfant qu’elle aime,
Caresser la douleur sans la comprendre encor,
Lui jeter des bouquets moins rians qu’elle-même,


L’obliger à la fuite
, et reprendre l’essor.
C’est elle, ô ma première amie
,
Dont la cha
îne s’étend pour nous unir toujours.
Elle embellit par toi l’aurore de
ma vie,
Elle en doit embellir encor les derniers jours.
Oh ! que son empire est aimable !
Qu’il répand un charme ineffable
Sur la jeunesse et l’avenir,
Ce doux reflet du souvenir !
Ce rêve pur de notre enfance
En a prolongé l’innocence ;
L’Amour, le temps, l’absence, le malheur,
Semblent le respecter dans le fond de mon c
œur ;
Il traverse avec nous la saison des orages,
Comme
un rayon du ciel qui nous guide et nous luit ;
C’est, ma chère, un jour sans nuages,
Qui prépare une douce nuit.


L’autre Amitié, plus grave, plus austère,
Se donne avec lenteur, choisit avec mystère ;
Elle observe en silence, et craint de s’avancer ;
Elle écarte les fleurs, de peur de s’y blesser
;
Choisissant la
Raison pour conseil et pour guide,
Elle voit par ses yeux
, et marche sur ses pas ;
Son abord est craintif, son regard est timide ;
Elle attend, et ne prévient pas.

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