Deuxième version
¤LE RUISSEAU.
Le soleil brûlait la plaine
;
Les oiseaux étaient muets ;
Le vent balançait à peine

Les épis et les bluets.
Quelques chèvres dispersées

Sur le penchant des coteaux

Broutaient aux jeunes ormeaux

Les vignes entrelacées.
Les troupeaux, au fond des bois,
S’égaraient dans la bruyère
;
Les chiens étaient sans colère ;
Les bergers étaient sans voix.
On entendait le murmure

D’un ruisseau vif et jaseur,
Qui livrait à l’aventure
Le secret d’un jeune c
our.
Sur les flots de son rivage,
Chloé, fuyant le soleil,
Penchait sa brûlante image,
Belle comme un fruit vermeil.
« A cette heure où mes compagnes »
Cherchent l’ombre à l’autre bord,
Qu’au bruit vague des campagnes »
Tout s’engourdit et s’endort;
»
Sousma guirlande nouvelle,
Dites-moi, petit ruisseau,
Me trouvez-vous aussi belle »
Que Daphnis me paraît beau ?
En vain avec ma couronne »
J’ai l’air aussi d’une fleur ;
Tout l’éclat qu’elle me donne »
Ne fait pas battre mon cœur.
»
Aux bergères de mon âge »
Je vois les mêmes appas ;
Elles dorment sous l’ombrage,
Et je n’en soupire pas!
»
Sans Daphnis tout m’est contraire ;
à Daphnis a donc plus d’attraits ?
Et je sens qu’on ne peut plaire »
Qu’en ayant les mêmes traits..
» O
Daphnis ! si la parure »
Me rendait belle à tes yeux,
J’apprendrais, dans l’onde pure,
� A tresser mes longs cheveux.
J’irais supplier mon père »
De m’accorder pour un jour
» Le ruban qu’avait ma mère »
Quand il lui parla d’amour.
Je cultiverais des roses,
Pour les cueillir avec toi ;
J’inventerais mille choses »
Pour t’attirer près de moi.
»
Hélas! ma triste espérance »
Néglige un frivole soin ;
Si j’avais ta ressemblance,
Je n’en aurais pas besoin !
Tes yeux bleus ont une flamme »
Pareille aux astres tremblans ;
Leurs rayons pénètrent l’âme :
»
Les miens sont noirs et brûlans.
»
Sur ton front ta chevelure »
Forme un gracieux bandeau ;
La mienne ombre ma ceinture,
Quand je quitte mon chapeau.
Comme des feuilles dorées »
Se balancent sur les fleurs,
Sousmille boucles cendrées
Brillent tes vivès couleurs.
� Le jeune orme est ton image ;
� Et, ( toutme parle aujourd’hui! }
»
Au lierre il prête un ombrage ;
Je suis faible comme lui :
»
O Daphnis... o’- Et quelques larmes
Tombèrent dans le ruisseau ;
Elles en troublèrent l’eau

Comme elles voilaient ses charmes.
.
Dans le léger mouvement
De cette glace agitée,
Sous la surface argentée
Elle entrevit son amant.
«
0 prodige ! cria-t-elle,
Je vois l’ombre du pasteur ;
Et cette glace fidèle
Réfléchit jusqu’à mon cæur, a
Du saule le doux feuillage

Dans les airs se balança ;
Sur les pleurs de son visage

Un souffle amoureux passa
.
L’Enfant qui porte des ailes

Se sauvait d’un ciel de feu :
De brûlantes étincelles

Aux champs annonçaient un dieu
.
On n’en sait pas davantage
.
Le dieu baissa son bandeau,
Couvrit le jour d’un nuage,
Et fit taire le ruisseau.
  Première version
¤LE RUISSEAU.

Le soleil brûlait la plaine
;
Les oiseaux étaient muets ;
Le vent balançait à peine

Les épis et les bluets.
Quelques chèvres dispersées

Sur le penchant des coteaux

Broutaient aux jeunes ormeaux
,
Les vignes entrelacées.
Les troupeaux, au fond des bois,
S’égaraient dans la bruyère
;
Les chiens étaient sans colère ;
Les bergers étaient sans voix.
On entendait le murmure

D’un ruisseau vif et jaseur,
Qui livrait à l’aventure
Le secret d’un jeune c
œur.
Sur les flots de son rivage,
Chloé, fuyant le soleil,
Penchait sa brûlante image,
Belle comme un fruit vermeil.

« À
cette heure où mes compagnes
«
Cherchent l’ombre à l’autre bord,
Qu’au bruit vague des campagnes
«
Tout s’engourdit et s’endort ;
«
Sous ma guirlande nouvelle,
Dites-moi, petit ruisseau,
Me trouvez-vous aussi belle
«
Que Daphnis me paraît beau ?
En vain avec ma couronne
«
J’ai l’air aussi d’une fleur ;
Tout l’éclat qu’elle me donne
«
Ne fait pas battre mon cœur
«
Aux bergères de mon âge
«
Je vois les mêmes appas ;
Elles dorment à l’ombrage,
Et je n’en soupire pas !…
«
Sans Daphnis tout m’est contraire ;
« Daphnis a donc plus d’attraits ?
Et je sens qu’on ne peut plaire
«
Qu’en ayant les mêmes traits !
« Ô
Daphnis ! si la parure
«
Me rendait belle à tes yeux,
J’apprendrais, dans l’onde pure,
� À tresser mes longs cheveux.
J’irais supplier mon père
«
De m’accorder pour un jour

«
Le ruban qu’avait ma mère
«
Quand il lui parla d’amour.
Je cultiverais des roses,
Pour les cueillir avec toi ;
J’inventerais mille choses
«
Pour t’attirer près de moi !
«
Hélas ! ma triste espérance
«
Néglige un frivole soin ;
Si j’avais ta ressemblance,
Je n’en aurais pas besoin !
Tes yeux bleus ont une flamme
«
Pareille aux astres tremblans ;
Leurs rayons pénètrent l’âme !
«
Les miens sont noirs et brûlans
«
Sur ton front ta chevelure
«
Forme un gracieux bandeau ;
La mienne ombre ma ceinture,
Quand je quitte mon chapeau.
Comme des feuilles dorées
«
Se balancent sur les fleurs,
Sous mille boucles cendrées
Brillent tes vives couleurs.
� L’orme en fleurs est ton image ;
� Et… (tout me parle aujourd’hui !)
«
Au lierre il prête un ombrage ;
Je suis faible comme lui

«
O Daphnis !… » — Et quelques larmes
Tombèrent dans le ruisseau ;
Elles en troublèrent l’eau

Comme elles voilaient ses charmes.

Dans le léger mouvement
De cette glace agitée,
Sous la surface argentée
Chloé crut voir son amant.
«
Ô prodige ! cria-t-elle,
Je vois l’ombre du pasteur ;
Et cette glace fidelle
«
Réfléchit jusqu’à mon cœur. »

Du saule le doux feuillage

Dans les airs se balança ;
Sur les pleurs de son visage

Un souffle amoureux passa

L’Enfant qui porte des ailes
,
Se sauvait d’un ciel de feu :
De brûlantes étincelles

Aux champs annonçaient un dieu
!
On n’en sait pas davantage

Le dieu baissa son bandeau,
Couvrit le jour d’un nuage,
Et fit taire le ruisseau.

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