Deuxième version
¤PRIÈRE AUX MUSES.
Votre empire a troublé mon bonheur le plus doux.
Muses
, rendez-moi ce que j’aime !
L’Amour fut son maître suprême;
Il n’en a plus d’autre que vous.
Ce n’est plus pour moi qu’il délire ;
Il a banni
mon nom de ses écrits touchans.
O Muses! loin de lui sourire,
Par pitié pour l’Amour, n’écoutez plus ses chants !

Cette fièvre qui le dévore

En r�
vant le transporte à vos divins concerts ;
Et, doucement pressé sur le cœur qui l’adore,
Je l’entends
murmurer des vers.
Que cherche-t-il
? est-ce la gloire ?
Il la plaçait dans
mon amour;
Les aveux d’un tendre retour
Étaient sa plus douce victoire.
Pensive, et seule au rendez-vous,
Que devient sa jeune maîtresse ?
Elle est muette en sa tristesse,

Quand l’ingrat chante à vos genoux !
Que sert de lui donner ma vie,
S’il est heureux sans moi
?
Que deviendra l’amour dans
mon âme asservie,
S’il échappe à sa loi ?
Cette loi si simple, si tendre,
Quand je l’apprenais dans ses yeux,
Ses yeux alors me
la faisaient comprendre
Bien mieux qu’Ovide en ses chants amoureux !
Ah ! sans la définir, notre âmela devine :
L’art n’apprend pas le sentiment
.
Il est gravé pour moi, par une main divine,
Dans le regard de mon amant
!
Où donc est-il
, ce regard plein d’ivresse ?
Il brûle encor, mais c’est d’une autre ardeur !
J’ai donné toute ma tendresse ;
C
our partagé peut-il payermon cœur ?
Mais si d’une brillante et trompeuse chimère

L’ambitieux est épris pour jamais ;
Si vous rejetez ma prière,
Muses
! qu’il soit heureux, du moins, par vos bienfaits !
Heureux sans moi
, je fuirai son exemple ;
Trop faible, en le suivant, je pourrais m’égarer ;
Livrez-lui vos trésors
, ouvrez-lui votre temple ;
A celui de l’Amour, seule, j’irai pleurer.
L’obscurité que le sort me
destine
M’éloigne d’un mortel ivre de vos faveurs
......
Eh bien ! j’irai l’attendre au pied de la colline

Qu’il gravira par un sentier de fleurs
.
Si quelquefois la romance attristée

Peint mon ennui, le trouble de mes sens,
Inspirée au village, elle y sera chantée
,
Et les bergers naïfs rediront mes accens.

Adieu, Muses
, la gloire est trop peu pourmon âme
L’amour sera ma seule erreur ;
Et, pour la peindre en traits de flamme,
Je n’ai besoin que de mon c
æur.
  Première version
¤PRIÈRE AUX MUSES.

Votre empire a troublé mon bonheur le plus doux.
Muses
! rendez-moi ce que j’aime !
Un enfant fut son maître, et son maître suprême ;
Il n’en a plus d’autre que vous.
Ce n’est plus pour moi qu’il délire ;
Il a banni
mon nom de ses écrits touchans.
Ô Muses ! loin de lui sourire,
Par pitié pour l’Amour, n’écoutez plus ses chants !


Cette fièvre qui le dévore
,
En r�
vant le transporte à vos divins concerts ;
Et, doucement pressé sur le cœur qui l’adore,
Je l’entends
murmurer des vers.
Que cherche-t-il
? Est-ce la gloire ?
Il la plaçait dans
mon amour ;
Les aveux d’un tendre retour
Étaient sa plus douce victoire.
Pensive, et seule au rendez-vous,
Que devient sa jeune maîtresse ?
Elle est muette en sa tristesse,


Quand l’ingrat chante à vos genoux !
Que sert de lui donner ma vie,
S’il est heureux sans moi
?
Que deviendra l’amour dans
mon âme asservie,
S’il échappe à sa loi ?
Cette loi si simple, si tendre,
Quand je l’apprenais dans ses yeux,
Ses yeux alors me
la faisaient comprendre
Bien mieux qu’Ovide en ses chants amoureux !
Sans définir l’amour, notre âme le devine :
L’art n’apprend pas le sentiment

Il est gravé pour moi, par une main divine,
Dans le regard de mon amant
!
Où donc est-il
ce regard plein d’ivresse ?
Il brûle encor, mais c’est d’une autre ardeur !
J’ai donné toute ma tendresse ;
C
œur partagé peut-il payer mon cœur ?

Mais si d’une brillante et trompeuse chimère

L’ambitieux est épris pour jamais ;
Si vous rejetez ma prière,
Muses
! qu’il soit heureux, du moins, par vos bienfaits !
Heureux sans moi
!… Je fuirai son exemple ;
Trop faible, en le suivant, je pourrais m’égarer ;
Livrez-lui vos trésors
! Ouvrez-lui votre temple ;
À celui de l’Amour, seule, j’irai pleurer.

L’obscurité que le sort me
destine
M’éloigne d’un mortel ivre de vos faveurs

Eh bien ! j’irai l’attendre au pied de la colline

Qu’il gravira par un sentier de fleurs
!
Si quelquefois la romance attristée

Peint mon ennui, le trouble de mes sens,
Inspirée au village, elle y sera chantée
;
Et les bergers naïfs rediront mes accens.


Adieu, Muses
! la gloire est trop peu pour mon âme ;
L’amour sera ma seule erreur ;
Et, pour la peindre en traits de flamme,
Je n’ai besoin que de mon c
œur.

Il semble que votre navigateur par défaut ne supporte pas ce logiciel.


Pour remédier à cela procédez comme suit :

1. Téléchargez une copie de Mozilla Firefox ou de Google Chrome.

2. Ouvrez une fenêtre du navigateur que vous venez de télécharger.

3. Ouvrez le disque et glissez-déposez le fichier index.html sur la fenêtre du navigateur.
 
   
 
 

Insertions [9]

Suppressions [27]

Déplacements [0] Blocs communs [46]