Deuxième version
¤LES LETTRES.
Hélas ! que voulez-vous de moi,
Lettres d’amour, plaintes mystérieuses
?
Vous dont j’ai repoussé long-temps avec effroi

Les prières silencieuses
.
Vous m’appelez
... je rêve, et je cherche, en tremblant,
Sur mon c
our, une clef qui jamais ne s’égare :
D’un éclair l’intervalle à présent nous sépare
;
Mais cet intervalle est brûlant
!
Je n’ose respirer ! triste sans amertume,
Au passé, malgré moi, je me
sens réunir :
Las d’oppresser mon sein, l’ennui qui me consume

Va m’attendre dans l’avenir
.
Je cède
, prends sa place, ô délirante joie !
Laisse fuir la douleur
, cache-moi l’horizon :
Elle
t’abandonne sa proie,
Je t’abandonne ma raison !
Oui, du bonheur vers moi l’ombre se précipite :
De ce pupitre ouvert l’Amour s’échappe encor.
Où va mon âme
?.... elle me quitte ;
Plus prompte que ma vue, elle atteint son trésor !

Il est là
.... toujours là, sous vos feuilles chéries,

Fré
les garans d’une éternelle ardeur !
Unique enchantement des tristes rêveries
Où m’égare mon c
æur !
De sa pensée échos fidèles,
De ses v
eux discrets monumens,
L’Amour, qui l’inspirait, a dépouillé ses ailes

Pour tracer vos tendres sermens.
Soulagement d’un c
our, et délices de l’autre,
Ingénieux langage etmuet entretien !
L’empire de l’absence est détruit par le vôtre
;
Je vous lis
, mon regard est fixé sur le sien !
Ne renfermez-vous pas la promesse adorée
Qu’il n’aimera que moi
.... qu’il aimera toujours ?
Cette fleur qu’il a respirée
,
Ce ruban qu’il porta deux jours
.....
Comme la volupté, que j’ai connue à peine,
La fleur exhale encore un parfum ravissant
;
N’est-ce pas sa brûlante haleine
?.
N’est-ce pas de son âme un souffle caressant ?
· Du ruban qu’il m’offrit que la couleur est belle !
Le ciel n’a pas un bleu plus pur ;
Non, des cieux le voile d’azur

Ne me charmerait pas comme elle !

Qu’ai-je
lu ?.... Le voilà son éternel adieu ;
Je touchais au bonheur, il m’en a repoussée ;


En appelant l’espoir, ma langue s’est glacée ;
Et ma froide compagne est rentrée en ce lieu !

O constant
e douleur ! sombre comme la haine,
Vous voilà de retour !
Prenez votre victime, et rendez-lui sa chaîne
;
Moi, je vous rends un cœur encor tremblant d’amour !
  Première version
¤LES LETTRES.

Hélas ! que voulez-vous de moi,
Lettres d’amour, plaintes mystérieuses
?
Vous dont j’ai repoussé long-temps avec effroi

Les prières silencieuses
!
Vous m’appelez
je rêve et je cherche, en tremblant,
Sur mon c
œur, une clef qui jamais ne s’égare :
D’un éclair l’intervalle à présent nous sépare
.
Mais cet intervalle est brûlant
!
Je n’ose respirer ! triste sans amertume,
Au passé, malgré moi, je me
sens réunir :
Las d’oppresser mon sein, l’ennui qui me consume

Va m’attendre dans l’avenir

Je cède
! prends sa place, ô délirante joie !
Laisse fuir la douleur
! cache-moi l’horizon !
Elle
l’abandonne sa proie,
Je t’abandonne ma raison !
Oui, du bonheur vers moi l’ombre se précipite :
De ce pupitre ouvert l’Amour s’échappe encor.
Où va mon âme
?… elle me quitte ;
Plus prompte que ma vue, elle atteint son trésor !


Il est là
!… toujours là, sous vos feuilles chéries,
Doux et frêles garans d’une éternelle ardeur !
Muet enchantement des tristes rêveries
Où m’égare mon c
œur !
De sa pensée échos fidèles,
De ses v
œux discrets monumens,
L’Amour, qui l’inspirait, a dépouillé ses ailes

Pour tracer vos tendres sermens.
Soulagement d’un c
œur, et délices de l’autre,
Et de l’âme et des yeux éloquent entretien !
L’empire de l’absence est détruit par le vôtre
.
Je vous lis
! mon regard est posé sur le sien !
Ne renfermez-vous pas la promesse adorée
Qu’il n’aimera que moi
qu’il aimera toujours ?
Cette fleur qu’il a respirée

Ce ruban qu’il porta deux jours

Comme la volupté, que j’ai connue à peine,
La fleur exhale encore un parfum ravissant
;
N’est-ce pas sa brûlante haleine
?
N’est-ce pas de son âme un souffle caressant ?
Du ruban qu’il m’offrit que la couleur est belle !
Le ciel n’a pas un bleu plus pur ;
Non, des cieux le voile d’azur

Ne me charmerait pas comme elle !


Qu’ai-je
fait ?… Le voilà son éternel adieu ;

Je touchais au bonheur, il m’en a repoussée ;

En appelant l’espoir, ma langue s’est glacée ;
Et ma froide compagne est rentrée en ce lieu !

Ô mortell
e douleur ! sombre comme la haine,
Vous voilà de retour !
Prenez votre victime, et rendez-lui sa chaîne
;
Moi, je vous rends un cœur encor tremblant d’amour !

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