Deuxième version
¤LES DEUX AMITIÉS.

À MON AMIE, ALBERTINE GANTIER.

Il est deux Amitiés comme il est deux Amours ;
L’une ressemble à l’Imprudence
;
Faite pour l’âge heureux dont elle a l’ignorance,
C’est un
e enfant qui rit toujours,
Bruyante, naïve, légère,
Elle éclate en transports joyeux
;
Aux préjugés du monde, indocile, étrangère,
Elle confond les rangs
, et folâtre avec eux.
L’instinct du cœur est sa science,
Et son guide est la
Confiance.
L’enfance ne sait point haïr,
Elle ignore qu’on peut trahir.
Si l’ennui dans ses yeux (on l’éprouve à tout âge)
Fait rouler quelques pleurs,
L’Amitié les arrête, et couvre ce nuage
D’un nuage de fleurs.
On la voit s’élancer près de l’enfant qu’elle aime,
Caresser la douleur sans la comprendre encor,

Lui jeter des bouquets moins rians qu’elle-même,


L’obliger à la fuite, et reprendre l’essor.
C’est elle, ô ma première amie,
Dont la chaîne s’étend pour nous unir toujours.
Elle embellit par toi l’aurore de ma vie,
Elle en doit embellir encor les derniers jours.
Oh ! que son empire est aimable !
Qu’il répand un charme ineffable
Sur la jeunesse et l’avenir,
Ce doux reflet du souvenir !
Ce rêve pur de notre enfance
En a prolongé l’innocence
;
L’
Amour, le temps, l’absence, le malheur,
Semblent le respecter dans le fond de mon cœur
;
Il traverse avec nous la saison des orages,
Comme un rayon du ciel qui nous guide et nous luit ;
C’est, ma chère, un jour sans nuages,
Qui prépare une douce nuit.


L’autre Amitié, plus grave, plus austère
,
Se donne avec lenteur, choisit avec mystère ;
Elle observe en silence, et craint de s’avancer ;
Elle écarte les fleurs, de peur de s’y blesser ;
Choisissant la Raison pour conseil et pour guide,
Elle voit par ses yeux, et marche sur ses pas
;
Son abord est craintif, son regard est timide ;
Elle attend, et ne prévient pas.

  Première version
¤LES DEUX AMITIÉS.

À MON AMIE, ALBERTINE GANTIER.

Il est deux Amitiés comme il est deux Amours ;
L’une ressemble à l’Imprudence
:
Faite pour l’âge heureux dont elle a l’ignorance,
C’est un
enfant qui rit toujours.
Bruyante, naïve, légère,
Elle éclate en transports joyeux
:
Aux préjugés du monde, indocile, étrangère,
Elle confond les rangs
et folâtre avec eux.
L’instinct du cœur est sa science,
Et son guide est la
confiance.
Un enfant ne sait point haïr,
Il ignore qu’on peut trahir.
Si l’ennui dans ses yeux (on l’éprouve à tout âge)
Fait rouler quelques pleurs,
L’Amitié les arrête, et couvre ce nuage
D’un nuage de fleurs.
On la voit s’élancer près de l’enfant qu’elle aime,
Caresser la douleur sans la comprendre encor,


Lui jeter des bouquets moins rians qu’elle-même,

L’obliger à la fuite, et reprendre l’essor.
C’est elle, ô ma première amie,
Dont la chaîne s’étend pour nous unir toujours.
Elle embellit par toi l’aurore de ma vie,
Elle en doit embellir encor les derniers jours.
Oh ! que son empire est aimable !
Qu’il répand un charme ineffable
Sur la jeunesse et l’avenir,
Ce doux reflet du souvenir !
Ce rêve pur de notre enfance
En a prolongé l’innocence
:
L’
amour, le temps, l’absence, le malheur
Semblent le respecter dans le fond de mon cœur
.
Il traverse avec nous la saison des orages,
Comme un rayon du ciel qui nous guide et nous luit ;
C’est, ma chère, un jour sans nuages,
Qui prépare une douce nuit.

L’autre Amitié, plus grave, plus austère

Se donne avec lenteur, choisit avec mystère ;
Elle observe en silence, et craint de s’avancer ;
Elle écarte les fleurs, de peur de s’y blesser ;
Choisissant la Raison pour conseil et pour guide,
Elle voit par ses yeux, et marche sur ses pas
:
Son abord est craintif, son regard est timide ;
Elle attend, et ne prévient pas.

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